vendredi, mars 03, 2006

Skype: ennuis avec AMD à cause de l'accord avec Intel

Skype était sûrement très fier de son récent coup marketing avec Intel: il avait pu associer dans une grande campagne marketing son nom à celui du géant des processeurs en réservant l'exclusivité de l'audio conférence à 10 participants aux PC équipés de la dernière puce Intel.

Malgré un succès autonome éblouissant, il s'agit certainement de se donner une certaine prestance en s'affichant officiellement avec un des "mammouths" de l'industrie...

Eh bien, Skype avait oublié la réaction d'AMD qui est en procès avec Intel depuis l'été 2005 pour abus de position dominante. AMD vient en effet de faire assigner Skype à comparution devant les tribunaux américains pour apporter des explications à cet accord Skype-Intel.

Le "grand écart rhétorique" de Skype va être intéressant à analyser:
  • ou bien il charge Intel en déclarant officiellement qu'il lui a demandé de bloquer explictement l'accès à cette fonction pour les processeurs des concurrents. Et alors, ce coup marketing aura été le seul du genre....
  • ou bien il admet qu'il n'y avait pas contrainte et c'est le début des ennuis directs avec AMD, sa propre communauté d'utilisateurs, etc...
Personne de Skype n'est (bien sûr!) disponible à ce moment pour commenter cette affaire mais cela s'annonce compliqué: l'avocat de AMD confirme que des tests hardware comme ceux que j'avais déjà évoqué démontre que les puces AMD sont au moins aussi performantes que celles d'Intel.

Alors, pourquoi utiliser cette instruction GetCpuId (confirmé par un représentant d'Intel) afin de déterminer l'origine processeur pour verrouiller cette fonction?

Il reste quand même le gain du client Google à AMD pour se consoler...

PS: c'est malin de la part d'AMD de mettre Skype dans le clan des victimes avec d'autres sociétés déjà assignées à comparaître par AMD: Dell, Hewlett-Packard, IBM, Lenovo Group, Gateway, Sun Microsystems, NEC, Fujitsu, Circuit City et Best Buy. Une nouvelle incarnation de l'attaque par la bande plutôt que le choc frontal? Ces tactiques juridisques (américaines) me surprendront toujours....

jeudi, mars 02, 2006

"pronétaires" associés aux médias: Le Matin Bleu comme exemple pionnier!

Dans le billet que j'ai écrit (texte intégral republié ci-dessous en fin de billet) pour le blog associé au nouveau livre de J. de Rosnay "la révolte du pronétariat", j'émettais l'avis personnel très clair que l'issue de la relation média traditionnels <-> bloggeurs serait la collaboration synergétique plutôt que l'affrontement stérile et destructeur.

C'est pour cela que j'ai exhorté les éditeurs dans mon récent article du magazine IFRA à s'appuyer sur la communauté de leurs lecteurs via les blogs, les mobiles, etc... pour améliorer leur titre!

Récemment, l'exemple du Verdens Gang (VG) allait dans ce sens et sert de référence quasi-mondiale sur ce thème actuellement.

Eh bien, je suis ravi de voir qu'un titre majeur de mon pays d'emploi, Le Matin via sa version gratuite Le Matin Bleu joue la même stratégie à travers le lancement de son initiative BleuBlog qu'il décrit ainsi:

"....le journal souhaite donner la parole aux Romands en lançant un service gratuit de blogs personnels accompagné d’un portail d’agrégation, socle de la future communauté de blogueurs romands.

....Une fois la phase de lancement réalisée et en fonction de l’intérêt démontré par les blogueurs, « Le Matin Bleu » prévoit de publier rapidement les meilleurs blogs, contenus et images dans l’édition imprimée afin d’offrir une tribune libre au « Bleublogueurs ...

lancé le 31 octobre dernier, Le Matin Bleu constitue un succès incontestable. Il peut se prévaloir de plus de 110'000 exemplaires prélevés quotidiennement et plus de 200 000 lecteurs fidélisés, en particulier dans la cible des jeunes actifs urbains... "

Je pense sincèrement qu'ils ont tout juste chez Edipresse, éditeur de Le Matin! Et c'est un avis sincère même si Edipresse est l'un des plus importants partenaires de mon employeur Publiconnect

(vous pouvez si vous le souhaitez prendre cette dernière phrase comme un disclaimer puisqu'on voit maintenant fleurir ces disclaimers dans toute la blogosphère dans un but éthique).

**** Reprise de l'article pour le blog "la révolte du pronétariat" ****liste"


Le cas d'un bloggueur vectorialiste

J. de Rosnay évoque la mutation "des mass médias aux médias des masses": il oppose les "vectorialistes" (les médias traditionnels) au "journalisme citoyen". N'existe-t-il pas cependant un groupe hybride ? Celui, auquel je pense appartenir, des "bloggueurs vectorialistes", à moins que ce ne soit celui des "vectorialistes bloggueurs". Et cette "espèce" n'est peut-être pas aussi paradoxale que cela…

En effet, je travaille pour un groupe suisse de média et publicité. Il fait donc typiquement partie de la communauté des médias "vectorialistes". Et ce sont aujourd'hui clairement leurs fourches caudines, évoquées par J. de Rosnay, qui me donnent un emploi… d'ailleurs passionnant ces temps-ci, à cause du bouillonnement du journalisme citoyen dans l'ère du fameux "Web2.0" (celui de la contribution individuelle)!

Donc, mon "camp" devrait donc être clairement choisi !

Et pourtant, je suis entré dans la blogosphère (comme on entre en religion? ;-) à titre privé mais en accord avec mon employeur, car il existe pour moi une autre vision : celle de la cohabitation, voire de la collaboration, plutôt que celle de l'opposition. En effet, mes billets sur mon blog Media & Tech ou sur le site Agoravox répondent à d'autres. Ils sont ainsi inclus dans les multiples conversations citoyennes. Celles-ci se tiennent actuellement hors des grands médias. Mais, ce n'est - pour moi - qu'un état très temporaire !

En effet, les journaux vont trouver enfin, avec le Web2.0 qui émerge, la bonne réponse à leur quête incessante depuis leur genèse des moyens les plus efficaces pour dialoguer avec leurs lecteurs ! Ce Web 2.0, avec son célèbre "Content is King", permet à M. Tout Le Monde de contribuer sans souci ou contrainte technique. Donc, la presse a maintenant la solution qu'elle attendait : toute la communauté (journalistes traditionnels du titre inclus) pourra poursuivre aisément - moyennant encore quelques avancées - les bribes de conversations qui bourgeonnent sur une multitude de blogs. Et puis, pour ceux qui gardent pour l'instant leurs œillères, cette opportunité actuelle d'améliorer sa place en utilisant les contributions des lecteurs deviendra de toute façon une obligation. Alors…

Il reste cependant un écueil que les deux camps devront surmonter ensemble, même si la coopération étroite n'est pas encore vraiment établie: les "infocapitalistes" devront résister à la tentation de "phagocyter" les grands blogs leaders (modèles de pensée pour beaucoup de nouveaux "journalistes citoyens et pronétaires") en les intégrant dans des sociétés-médias traditionnelles. En effet, ils seraient alors sûrement contraints de devenir "lisses" et plus "politiquement corrects" qu'ils ne le sont parfois actuellement. Mais ce serait de toute façon sans réel effet à terme, puisque leurs rédacteurs, en tout cas les plus "incorruptibles" d'entre eux, fuiraient pour le recréer dans un autre espace virtuel de liberté de parole. Il y aura des "péripéties" de ce type, mais elles ne pourront réellement infléchir durablement le cours des choses: la voix des pronétaires se fera de plus en plus forte, et contribuera à une éthique encore améliorée chez les infocapitalistes !

Pour ma petite personne, six mois de blogging de l'intérieur font maintenant appréhender tous les challenges de cette convergence "vectorialistes+citoyens" et je peux commencer à proposer des solutions crédibles, car fondées sur un vécu personnel.

Donc, objectif atteint !

Mais j'y ai trouvé aussi des "bonus": assouvissement d'un besoin d'écriture, satisfaction de voir l'évolution positive de chiffres d'audience, plaisir de recevoir des commentaires, même si ils peuvent être parfois acerbes…. Le plus motivant de tout, c'est le dialogue : Agoravox et mon blog m'ont permis de trouver des personnes dans toute la France qui partagent les mêmes centres d'intérêts, et d'établir avec elles des contacts solides! Sans cela, je ne les aurais jamais trouvées : les congrès professionnels ne sont pas la bonne méthode (trop de "vectoralistes radicaux"…) et les rencontres de bloggueurs partent un peu en vrac (domaine encore pionnier et "bouillonnant").

De plus, j'ai ainsi l'impression d'avoir "le beurre et l'argent du beurre", en étant impliqué en direct dans le grand débat global, tout en gardant ma qualité de vie des montagnes du Haut Doubs. Pour reprendre la vision de Alphonse Allais au XIXe siècle, le journalisme citoyen permet de "transporter les villes à la campagne", ou tout au moins les conversations sociétales, qui étaient l'apanage des citadins il y a encore peu !

Pour boucler la boucle, il me semble finalement être plutôt un "bloggueur catalyste" ! Et heureux de surcroît, je n'ai donc qu'une seule envie : continuer…

Google: maintenant 200'000 serveurs mais sur AMD

Lors du lancement de Google Sitemaps, je définissais ce service comme un moyen d'accélérer la "machine tentaculaire Google" afin que les 100'000+ serveurs qui reconstruisent en permanence son monstrueux index puissent le garder à jour malgré un contenu nouveau chaque jour plus abondant (en particulier à cause de la blogosphère).

Eh bien, cette optimisation de l'infrastructure via SiteMaps n'a visiblement pas suffi (on s'en serait douté...): Google a dû installer depuis le mois d'Avril 2004 100'000 nouveaux serveurs pour faire face à cette explosion des pages de l'Internet. En effet, le Los Angeles Times annonce que la taille de l'infrastructure de Google est maintenant de 200'000 serveurs.

Le LA Times donne aussi le nom
de celui qui se frotte les mains de cette croissance matérielle effrénée: c'est AMD qui vient de chiper le client Google à son concurrent Intel. En effet, dorénavant, les machines utilisées par Google seront équipées de puces AMD au lieu de Intel.

Un bon coup marketing en retour de celui que Intel lui a fait avec Skype!

Voilà, maintenant que l'on a 2 points de repère distants de quelques moins, on se revoit dans quelques temps avec une troisième information de taille pour voir si la progression de la taille de cette infrastructure est linéaire ou exponentielle!

PS1: pour Google, il faut je pense plutôt parler de machines que de serveurs car la philosophie est d'utiliser une nuée de petites machines à moins de 1'000 dollars plutôt que moins de "serveurs monstres" beaucoup plus coûteux. Cette architecture basée sur une multitude de petites machines (et sur une version de Linux spécialement modifiée par Google) est superbement décrite dans un papier de 2003 que les ingénieurs Google ont présenté à une conférence IEEE: elle a été retenue pour ses avantages financiers et son ration énergie-performances plus favorable.

PS2: en utilisant les chiffres de ce papier IEEE, on pourrait presque commencer le calcul évoqué ci-dessus puisque, en Mars 2003 (date de publication), le papier parle d'une infrastructure de 15'000 machines. On va attendre encore un peu avant de mettre cela sur un beau graphique...

PS3: je suis personnellement fasciné par une infrastructure de cette taille. J'ai personnellement déjà géré plusieurs centaines de serveurs: c'était "chaud"! A 200'000, je n'ose même pas imaginer le niveau d'automatisation / de clonage qu'il faut atteindre pour s'en sortir à un niveau de coût raisonnable.

mercredi, mars 01, 2006

Google News sur mobile: il y a des prérequis (CSS)

Google continue de s'appuyer sur le contenu produit par les éditeurs de presse: en plus de la version Web, il annonce une version mobile du service Google News.

Cela ne plaira sûrement pas à tous les rédacteurs en chef. En effet, malgré l'effet booster de Google News, l'Association Mondiale des Journaux vient de lancer un groupe de travail sur le thème "Les industries de l’édition des journaux, des magazines et des livres se sont regroupées pour explorer les moyens de contester le fait que les moteurs de recherche exploitent le contenu sans verser de compensation raisonnable aux propriétaires des droits d’auteur" L'ambiance est" chaude" quand on sait que le président de l'AMJ a même parlé de cleptomanie de la part de Google. Donc, encore un conflit de plus dans la "collaboration" pénible avec les éditeurs!

Mais, bon gré mal gré, le service Google News est là: le site US annonce 4'500 sources agrégées et le site français en a lui 500. La situation n'est pas simple: Le Monde était parti puis revenu.

Pour passer à la version mobile de Google News, il y a un prérequis: il faut que le site de l'éditeur ait une version de son contenu adapté à une présentation mobile (par exemple par une feuille de style CSS mobile idoine).

C'est ce qu'indique la question 10 de la FAQ Mobile Google News "10. What's the difference between Google News on the desktop and Google News for mobile devices? Google News for mobile devices is optimized both in appearance and content, linking only to sites with pages specifically designed for viewing on your mobile phone."

Même si Google ne donne pas de chiffres sur le nombre de sources qui passent la barre, je pense que peu de titres de presse vont avoir aujourd'hui cette version spécifique au mobile de leur site Web.

Donc, je vais répéter la recommandation de mon récent article pour le magazine IFRA: il est grand temps en 2006 pour les éditeurs (comme pour toutes les sociétés pour lequel le monde en ligne est stratégique) de bâtir une architecture de site Internet basée sur ces feuilles de style CSS afin de pouvoir présenter son contenu - sans saisies ni manipulations / reformattages multiples - de manière optimale en fonction du "facteur de forme" du périphérique utilisé.

On pense aujourd'hui au PC, au téléphone mobile mais les iPods avec interface Wifi et les consoles de jeu pointent déjà le bout de leur nez...

C'est la convergence technologique et la publication cross-média / cross-canal en pleine action!

[fun]: test Youtube & cocorico humoristique sur le biathlon

Bien qu'habitant du Haut-Doubs, je n'ai pas fait de cocorico sur ce blog pour les 2 médailles d'or à Turin de F. Baverel-Robert et V. Defrasne, nos biathlètes locaux. Je le fais à travers ce clip vidéo sur le biathlon fort drôle! (à mon goût...)




Je l'ai localisé à partir du blog d'Onesque. Merci à lui!

Pour faire d'une pierre deux coups, cela me permet aussi de tester que l'insertion de vidéos issues de YouTube (dont j'ai déjà parlé) sur Blogger, ma plate-forme pour Media&Tech, fonctionne parfaitement.

Donc, si je me lance dorénavant dans des productions vidéo, je saurai à partir d'où les diffuser sur Media&Tech!

Avec le nouveau service Feedburner, moins de piratage de blogs!

Le service Feedburner fait partie des outils de mon kit de blogging depuis le début. J'en suis extrêmement satisfait: il m'apporte une excellente transparence (statistiques) sur la partie RSS de mon blog.

Donc, si vous me lisez en RSS, votre newsreader va en fait chercher les billets de Media&Tech chez Feedburner vers lequel mon flux RSS original est redirigé.

Feedburner apporte divers services sur le flux original:
  • transformation intelligente Atom <-> RSS en fonction de votre newsreader
  • enrichissement du contenu
  • statistiques sur: qui vient lire mon feed, quand, etc.....
Les 2 statistiques que j'utiliser le plus chez eux sont:
  • la statistique de croissance de mon audience (elle grandit bien. merci!)
  • la répartition de mes lecteurs (quels newsreaders ? depuis où?)
Eh bien, le panel des fonctions Feedburner s'enrichit même dans la partie gratuite (je n'utilise pas pour l'instant la partie Premium payante). En dehors d'une ergonomie plus agréable et d'une efficacité de navigation accrue, la nouvelle fonction de que j'apprécie le plus est la fonction "Uncommon Uses" (un doux euphémisme pour quelque chose comme "piratage (amical ?)du contenu")

Cette nouvelle fonction permet de trouver vite les services qui réutilisent /republient mon flux (sans permission pour la plupart...): ils sont nommément cités dans le tableau d'URL ci-dessus

Ma petite recette personnelle: jusqu'à présent j'atteignais (presque) le même résultat via Technorati. En effet, celui-ci me signale en quasi- temps réel les liens d'autres blogs vers Media&Tech. Or, puisque chacun de mes billets contient un ou plusieurs liens vers d'anciens billets, je retrouve rapidement ceux qui me republient par les liens vers mon blog que génére la republication intégrale de mes billets (qui contiennent des liens vers Media & Tech - je me répète.....)

Bon, maintenant, avec l'utilisation additionnelle Feedburner, cette détection va devenir encore plus efficace.

PS: je ne suis pas contre la republication de contenu. Il va juste falloir que je mette en place sur ce blog très prochainement le descriptif de licence Creative Commons qui correspond à mes attentes par rapport à ces réutilisations directes sans "discussion préalable".

mardi, février 28, 2006

Le plus gros impact de l'Internet: dans le "monde physique"!

Un panel Ipsos de plus de 1'700 consommateurs a produit ce résultat: c'est dans le monde physique qu'il faut chercher les résultats des recherches en ligne.

62% de ces consommateurs ont préparé leurs cadeaux avec un moteur de recherche et dans 45% ils ont effectivement fait leurs achats dans des boutiques physiques de proximité.

Les services de recherche verticaux
(comme Froogle ou Kelkoo dans le domaine du commerce de détail) ont des débuts difficiles mais ils commencent à trouver leur marché: 26% des internautes les utilisent (sûrement d'abord pour connaître et comparer les meilleurs prix...) avant de faire leurs achats "physiques".

N'a-ton pas là une convergence entre le monde réel et le monde virtuel?

Elle est finalement bien normal puis l'Homme à travers les époques a toujours su finalement trouver le meilleur compromis entre toutes les alternatives proposées.

Ici, une combinaison entre
  • l'information la plus riche (prix, caractéristiques, avis, etc..) via l'Internet
  • le service de proximité via un commerçant connu. Les liens sociaux ne sont-ils pas d'ailleurs au coeur de la seconde génération d'Internet, le Web 2.0?
On est finalement revenu au débat "click & mortar" de la première bulle internet....

Google teste les pubs vidéo

Google complète progressivement sa palette publicitaire. Elle a débuté avec les boites de publicité textuelle Adwords qui ont fait son succès financier et qui contribuent à 99% de ses revenus.

Le blog GoogleRumor a découvert
la première pub vidéo de Google sur le site The Superficial. N. Weinberg lui trouve une caractéristique avantageuse: elle reste une photo fixe tant que l'on n'appuie pas sur le "Play" (et on peut aussi choisir le niveau de volume...). Vive le respect de la tranquillité de chacun: vous n'avez jamais souhaité ce calme quand vous arrivez sur un site qui vous bombarde agressivement avec une publicité animée et sonore à 150 dB (au moins !) qui fait exploser les haut-parleurs de votre PC et qui déclenchent des regards "inquisito-réprobateurs" de vos voisins de bureau ? ;-)

Voilà à quoi ressemble le bandeau de cette première publicité vidéo


Ce mouvement de Google vers la publicité vidéo me semble sensé:
  • il sera à mon avis limité à des sites Adsense qui souhaitent ce genre de publicité car en phase avec leurs objectifs et leur audience. Je ne pense pas qu'on verra bientôt de telles pubs dans la colonne de droite des résultats de recherche sur Google lui-même
  • il correspond au besoin d'innovation en ligne de Google qui doit se battre pour attraper les dernières miettes de ce marché Internet trop étroit pour lui. Cette nouvelle forme publicitaire rejoint ainsi par exemple les récentes initiatives innovantes des publicités "pay-per-call" (qui vont exploser) ou des publicités cartographiques.
  • il offre un nouvelle forme publicitaire 100% en phase avec un service comme Google Video. Pour le sponsoring de vidéos gratuites par exemple.
Quand vous verrez une telle publicité vidéo Google lors de vos errances digitales, merci de me faire par un commentaire pour mes archives personnelles!

lundi, février 27, 2006

Blogging et vie professionnelle: un air de déjà vu? pas vraiment...

Les sociétés (ou institutions) et leurs employés se débattent dans une nouvelle problématique: que peut-on raconter sur son blog personnel de sa vie professionnelle?

Le débat "en live" a déjà fait quelques victimes célèbres:
Pour certains, c'est du déjà vu: un bis repetita de quelque chose qui se reproduit avec l'arrivée de chaque nouvelle technologie comme le courrier électronique, la navigation sur Internet.

Il me semble qu'il y a quand même quelque chose de différent avec les blogs:
  • la navigation sur Internet depuis le bureau à des fins personnelles est certes mauvaise pour la productivité mais cela reste un phénomène qui ne nuit pas publiquement à l'employeur.
  • l'email fait déjà plus de dégâts mais ceux qui veulent délirer sur des forums (ou d'autres zone publiques d'Internet) ont depuis les débuts de l'Internet obtenus des adresses emails pseudos chez des fournisseurs gratuits
Avec le blog, on entre cependant à mon avis dans une autre dimension: celle de personnes ou d'organisation (un syndicat comme chez HP, un groupe d'employés comme à Los Alamos) qui créé un blog pour traiter d'un sujet en utilisant à la fois sa réputation online et les amplificateurs de l'Internet (Technorati, Google Blogsearch, etc....) pour lui donner la résonance maximum.

Quand le sujet est traité de manière négative, il est clair que les entreprises peuvent être inquiètes des dégâts. Il est des cas où les pyromanes sont hors de leur portée (cf. le cas Kryptonite) mais il est des cas où elles peuvent espérer éviter la casse: quand les bloggeurs sont parmi leurs employés!

Il est donc évident que nous allons assister pendant les mois (années?) qui viennent à l'élaboration de chartes / règlements qui permettront un équilibre entre la liberté d'expression personnelle et l'hygiène de la relation avec son employeur.

Des pionniers du monde technologique, berceau des blogs, comme Sun ou IBM ont montré la voie en créant leurs bibles, mais il reste beaucoup de travail! Un article du SanJose Mercury News donne des chiffres et faits intéressants sur une toute récente étude américaine récente à ce sujet:
  • 5% des américains maintiennent un blog personnel
  • 15% des sociétés ont une charte de blogging
  • 59% des employés pensent qu'une société doive pouvoir prendre des mesures disciplinaires allant jusqu'au licenciement en cas de divulgation d'informations propriétaires / confidentielles
  • par contre, 23% des employés soutiendraient un collègue bloggueur qui viendrait à critiquer (objectivement) l'employeur, des collègues et même un client.
Cette étude boucle la boucle en utilisant le fait que le blog est malgré tout utile aux départements de ressources humaines (ceux qui devraient en policer la naissance et la vie parmi leurs employées...). En effet, 7% des départements RH américains lisent les blogs des candidats qu'ils s'apprêtent à recruter!

Le blog ne serait-il donc pas en train de devenir une sorte de CV public?

vendredi, février 24, 2006

Liens sponsorisés: 64 milliards en Janvier, +14% en 6 mois, 0.8 cent par lien!

Nielsen vient de publier des chiffres très intéressants sur les liens sponsorisés (Adwords / Adsense chez Google, Overture chez Yahoo).

Le plus marquant: 64 milliards de liens sponsorisés affichés par les 2 leaders en Janvier 2006 sur leurs propres sites et leurs réseaux respectifs d'affiliés: 41 pour Google et 23 pour Yahoo. Une progression de 14% pour Google et 21% pour Yahoo en 6 mois selon la table ci-dessous.


Le premier annonceur par ce mode est Ebay avec 2.5 milliards de liens en Janvier 2006.

Livrons nous maintenant à un petit calcul sur Google:
Donc, en conclusion, chaque lien affiché (cliqué ou non) rapporte en moyenne 0.8 cent à Google!

C'est donc l'immense traffic généré par Google et ses sites affiliés qui génèrent ensuite ces revenus de presque 2 milliards par trimestre: "les petits ruisseaux font les grandes rivières"...

lestelechargements.com: l'apprentissage (coûteux) de la démocratie directe via le P2P

L'IFPI a récemment publié un rapport mi-figue / mi-raisin: les revenus des téléchargements numériques (chansons, films, etc...) augmentent mais le recours au piratage P2P est encore très (très) fréquent.

Il y a donc beaucoup d'argent qui s'évapore pour l'industrie des médias....

Et bien pas pour tout le monde! Si les données de Pointblog sont exactes , l'agence Publicis a facturé 180'000 euros (!) au ministère de la Culture pour la création et le lancement du blog lestelechargements.com lancé pour favoriser les débats autour de la problématique des droits d'auteurs à l'ère de l'Internet et des médias numériques. Il s'agit de discuter en ligne autour du fameux projet de loi DADVSI.

La première conclusion à tirer (sous réserve encore une fois de vérification des chiffres): Publicis sera l'un des grands bénéficiaires en France du P2P en 2006!

Ce blog du ministère est d'ailleurs déjà très controversé selon ZDNet
: "....le ministre de la Culture a riposté: ce n'est pas un espace de propagande, il est libre et n'est au service d'aucun intérêt particulier ou corporatiste. C'est le premier site réellement pluraliste sur le sujet du téléchargement.

Pour l'instant, le site propose un contenu audiovisuel, décrivant les enjeux du projet de loi, des liens vers des blogueurs, et des vidéos d'artistes (Marc Lavoine, Jean Jacques Annaud). Une seule voix dissidente est officiellement représentée, celle de Guillaume Champeau, responsable du site Ratiatum.com, qui estime que le téléchargement n'est pas du vol, mais «une création de valeur».

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Ce site officiel semble avoir des difficultés à convaincre de son utilité: certains lecteurs de ZDNet.fr ont vite pointé l'absence de forum de discussion. Il est toutefois possible de réagir sous les vidéos, pour commenter les propos des artistes. Des chats sont également en préparation. Les artistes eux-mêmes ne semblaient guère convaincus; Eddy Mitchell et Henri Salvador avouaient ne pas vraiment être au fait des nouvelles technologies."

Et aujourd'hui (2 jours après le lancement...), la situation se tend encore: Guillaume (qui parle sur le blog du ministère) rapporte sur Ratiatum que les commentaires ont été bloqués (en fait relégués dans une partie obscure du site) car ils étaient parfois très (trop) "chauds". Guillaume dit encore "l'auteur de ces lignes aurait aimé continuer à lire les commentaires très souvent passionnés et passionnants des artistes et internautes, mais il se retrouve maintenant avec la désagréable impression de "parler dans le vide".

Finalement, l'apprentissage de la "démocratie très directe" n'est pas aisée pour nos politiques:
  • ils paient trop cher la mise en place des outils de cette nouvelle forme de discussion directe avec la "France d'en bas"!
  • ils ne savent pas encore gérer la véhémence des discussions (elle en prouve pourtant l'intérêt) car ils sont plus habitués aux média mono-directionnels où la réponse des foules est quasi-impossible....
C'est une première: les efforts correspondants sont donc louables! Mais, il reste à apprendre à vivre avec toutes les conséquences d'un dialogue engagé avec les citoyens même désagréable.

La puissance de la blogosphère
(et sa réactivité...) sont une fois de plus démontrées!

Publicité pay-per-call: le marché va exploser

Le Kelsey Group vient de publier un rapport selon lequel le marché publicitaire "pay-per-call" (petit frère du "pay-per-click") aux USA va exploser: il part de zéro actuellement pour atteindre 3.7 milliards de dollars annuels en 2010.

Hors de Google déjà très actif, les acteurs spécifiques de cette niche sont:
  • Ingenio avec AOL comme client principal
  • Miva avec Local.com
  • eStara avec SuperPages.com et A9 de Amazon
  • Jambo avec Infospace
Bien sûr, il y aura encore du chemin à parcourir pour atteindre le milliard mensuel de la publicité Internet mais ce sera quand même une "niche respectable"

On comprend donc pourquoi Google s'y intéresse dès maintenant: cette forme publicitaire lui permettra par exemple d'apporter une certaine interactivité à la publicité presse dans laquelle il entre et dont il a impérativement besoin pour assurer sa croissance!