jeudi, novembre 25, 2010

Google Docs Cloud Connect: l'étreinte fatale pour MS-Office ?

Google a annoncé son nouveau service Cloud Connect pour Google Docs basé sur la technologie acquise avec le rachat de la start-up DocVerse au printemps.

Cloud Connect, c'est quoi ? Un service qui permet essentiellement 2 choses:
  • partager et synchroniser les documents MS-Office entre des utilisateurs qui peuvent les modifier en même temps ou qui sont avertis pour re-synchroniser quand le document a été modifié par un partenaire hors d'une session commune
  • rendre accessible des documents par les nouveaux outils (les téléphones Android et iPhone au succès foudroyant, les iPads qui "cassent tout" ...)  de notre société "connectophile": j'édite mon document via MS-Word sur mon PC. Il est remonté vers Google Documents automatiquement par le service Cloud Connect et je peux alors l'accéder par mon téléphone Android, mon iPhone, mon iPad ou mon PC personnel dès que j'ai quitté le bureau: le navigateur Internet est le système d'accès. Tous les détails du fonctionnement sont ici. 
Cela va sûrement donner quelques angoisses sécuritaires aux directions informatiques des grandes entreprises: insomnies prévisbles à cause du fichier-tableur "top secret" qui finit dans Google Docs contre toutes les prescriptions sécuritaires de la maison et qu'une maladresse publie (par un simple clic...) pour le rendre accessible à la terre entière....

Dans le cas d'une utilisation appropriée, Cloud Connect est une énorme valeur ajoutée à MS-Office: accessiblité, productivité, etc....Pourquoi Google est-il allé jusqu'à racheter une société pour pouvoir tellement améliorer le produit de son concurrent féroce.

Eh bien, c'est à mon sens la version bureautique 2010 du dicton anglophone "If you can't beat them, join them !" . En effet, il a déjà été clairement démontré sur ce blog que MS-Office est, chiffres à l'appui,  la pierre angulaire du business de Microsoft. Donc, pour déboulonner Microsoft de son socle dans les entreprises et ainsi diversifier ses sources de revenus (encore bien trop publicitaires), Google doit l'affaiblir dans le domaine MS-Office. Une première tentative il y a 6 mois a été de simplifier la migration vers la messagerie électronique de Google (version professionnelle). Maintenant, c'est la deuxième phase de l'offensive...

Or, le patrimoine documentaire de toutes les entreprises sur MS-Office est colossal: une migration massive vers Google Docs est donc hors sujet sauf pour les plus téméraires. De ce point de vue, chapeau bas à notre gendarmerie qui a fait le divorce (dans une autre direction: Open Office  ... pour économiser 2 millions d'euros).Quel directeur informatique voudra prendre le risque de créer des erreurs financières énormes (à 6, 7, 8 chiffres....) dans les affaires de sa société pour un tableur Google Docs qui n'est pas 100% compatible avec MS-Excel et qui modifie les résultats de calculs critiques sans que personne ne s'en aperçoive....

Google Cloud Connect a donc pour but d'éviter cette décision binaire de migration trop difficile à prendre.

Par des petits bonus au quotidien, il s'agit de savonner la planche dans le bon sens : par une utilisation initialement marginale mais ô combien pratique, les utilisateurs vont apprendre à aimer Google Docs et à lui faire confiance. Ils ne s'opposeront donc pas dans quelques temps à la migration vers Google Docs. Au contraire, ils mettront peut-être la pression sur la direction informatique pour qu'elle se produise!

C'est sûrement face à danger que Steve Ballmer vient de liquider pour 1.3 milliards de dollars d'actions Microsoft. ;-)  Sûrement après avoir lancé quelques chaises et injures contre Google, encore une fois....

Source: blog Media and Tech (par didier durand)

jeudi, novembre 18, 2010

Google Books: +50'000 ouvrages via Hachette .... sur 15 millions déjà digitalisés!

Hachette et Google viennent de publier un accord autour de Google Books: il porte sur "la numérisation de 40.000 à 50.000 livres épuisés de littérature générale, universitaires et documentaires des éditions Grasset, Fayard, Calmann Lévy, Armand Colin, Dunod et Larousse."

Les termes vraisemblables de l'accord sont similaires à ceux passés avec les librairies universitaires américaines:
  • Hachette reçoit une copie des scans et le texte en clair des ouvrages digitalisés en clair (si il ne les a pas par ailleurs...)
  • Les revenus publicitaires (en provenance du site Google Books)  et éditoriaux dans le  cas de réimpression papier ou de revente sous forme Ebooks à partir des scans.
Comment situer cet accord ? 
Ce projet Google Books et cet accord avec Hachette sont pour moi très clairement dans la veine de  la mission à 300 ans que Google s'est fixé: travail de longue haleine qui ne rapporte pas vraiment initialement et que l'on bâtit pierre après pierre en vue de construire un actif véritablement stratégique qui permettra de tirer les marrons des feux de différents marchés le moment venu.....

Et les progrès sont clairement là: avec 15 millions d'ouvrages, on dépasse maintenant les 10% du patrimoine mondial total estimé à 130 millions d'ouvrages par Google lui-même.

Ce que j'en pense en tant qu'individu est toujours identique: l'exhaustivité de Google Books est bonne pour moi et les miens: je suis donc favorable!

Source: blog Media and Tech (par didier durand)

jeudi, novembre 11, 2010

Nouvelles vidéos sur Youtube: +50'000 heures chaque jour ! (Evolution depuis 2007)

Youtube met aujourd'hui à disposition un graphique très intéressant: il détaille l'évolution du contenu nouveau chargé sur le site par ses utilisateurs.

La croissance est explosive depuis 2007: on est passé de 5 heures de programmes nouveaux par minute début 2007 à plus de 35 heures par minute maintenant.


Une courbe d'évolution de rêve! Elle justifie clairement la survaleur de 1 milliard de dollars payée au moment de l'acquisition par Google et avouée par E. Schmidt.

Le lancement du Google TV est très pénible: les chaînes de télévision de télévision américaines bloquent le boitier de Google comme celles de l'Hexagone se préparent à le faire. Tous les acteurs historiques ont parfaitement perçu le nouveau partage désavantageux du gâteau publicitaire TV qui se profile et veulent l'empêcher. Au minimum, le retarder.....

Mais, avec des moyens tout à fait honnêtes déjà disponibles pour faire de tout internaute un producteur afin de reproduire pour la TV 2.0 l'épopée de la bande FM, Google peut sereinement envisager un autre scénario: celui où son besoin de coopération avec les grands acteurs va se réduire et où par contre leur demande de collaboration envers lui va croître: il dispose d'actifs attrayants à travers ce contenu unique dont la qualité moyenne est parfois un obstacle publicitaire certes mais qui permet quand même d'envisager déjà  un LCI/CNN en mode crowdsourcing.

Source: blog Media and Tech (par didier durand)

mardi, octobre 26, 2010

Firesheep: comment (se faire) piquer des données personnelles sur Facebook

Eric Buttler vient de publier une extension Firefox appelée Firesheep qui appuie là où cela fait mal pour les sites peu soucieux de la sécurité des données personnelles de leurs utilisateurs. Pour se donner bonne conscience, la plupart de ses grands sites encrypte les données au moment de l'authentification de l'utilisateur mais passe en clair ensuite pour la suite des échanges. Ensuite, c'est "tout en clair" ou presque !....

En particulier, on passe par des communications en clair quand les machines du service en ligne renvoie les cookies HTTP qui servent à identifier l'utilisateur quand il revient sur le site et qui évitent ainsi la saisie utilisateur / mot de passe pour une reconnexion. Ces mêmes cookies en clair servent à mettre en place les mécanismes des boutons du type  "J'aime" de Facebook avec un utilisateur parfaitement identifié pour assurer une bonne propagation virale auprès de ses amis: j'en avais fait la démonstration explicite point par point dans ce billet.


Le cas est partculièrement dramatique pour Facebook (même si Firesheep fonctionne aussi pour Twitter, Flickr, Google, etc.) dont le succès des boutons Like est énorme: 
Ces 2 grands nombres combinés font qu'en faisant tourner l'extension Firesheep (qui utilise Winpcap pour la capture des paquets sur le réseau sans fil) dans un lieu public (café branché, halle de gare, etc.) avec un accès wifi public non crypté, on fait des "miracles": cette extension fait apparaître rapidement les noms / photos des utilisateurs dont elle a capturé les cookies qui sont passés sur le réseau sans fil parce que leur propriétaire est en train de "travailler" sur ce même réseau sans fil..

En effet, tout le monde ou presque est sur Facebook, y revient plusieurs fois par jour ou se balade sur un site "Like-enabled" surtout quand il a 5 minutes  à perdre avec son iPhone en attendant son train....

Il suffit de cliquer alors sur ces noms d'utilisateurs pour se retrouver instantanément connecter à leur place sur leur compte!

Oooooouch, un méchant coup dans le bas-ventre!

Je pense que l'on est est sur le pied de guerre chez Facebook pour mettre en place la contre-risposte: il y a déjà eu trop de bavures (même si nécessaires ?...) chez eux dans le domaine de la sphère privée!.

Il n'y aura à mon avis pas beaucoup d'autres parades possibles que celle mise en place par Google sur Gmail en janvier de cette année: activer l'encryption de bout en bout par SSL pour parer aux négligences des autres maillons de la chaîne de transmission....

L'objectif de Eric Butler (comme de mon billet d'ailleurs) n'est pas d'inciter au piratage de données personnelles mais plutôt de montrer aux utilisateurs les dangers du laxisme en termes de protection de la sphère privée afin qu'ils se mettent en retour à "tirer les oreilles" des éditeurs de services en ligne pour les forcer à corriger leurs faiblesses puisque leur exploitation est à la portée de tout un chacun!

Dans le cas de Facebook, cela devrait coûter quelques milliers de serveurs additionnels (ajoutés à un parc déjà bien étoffé...) car la compression SSL est particulièrement gourmande en puissance de calcul  - Si bien sûr c'est la solution retenue....

Source: blog Media and Tech (par didier durand)

dimanche, octobre 24, 2010

Après 220 millions d'unités vendues, Sony arrête le walkman. Sniff...

Après 30 ans de bons et loyaux services, Sony arrête la production du Walkman, son célèbre lecteur personnel de cassettes audio.

Un peu de nostalgie: pour les quadras et plus dont je fais partie, le walkman a été le premier équipement personnel permettant de se promener avec SA musique (moyennant parfois des poches bourrées de cassettes pour transporter un morceau de sa bibliothèque musicale) et aussi ...de montrer que l'on voulait s'isoler même en présence d'autres.

Avec la disparition de ce Walkman, c'est une page de vie qui se tourne. Sniff!...

Bien sûr, c'est l'iPod (suivi par l'iPhone), icône canonique des lecteurs numériques, qui a porté l'estocade au Walkman. Mais, avec 220 millions d'unité produites, cela reste un beau succès commercial planétaire: Apple qui active quotidiennement 230'000+ produits à base de son iOS (iPhone, iPods)  a vendu "seulement" 125 millions de ces gadgets.

Bien sûr, ce chiffre a été atteint beaucoup plus vite par Apple que par Sony. Mais, la question qui est maintenant ouverte: Apple pourra-t-il lui aussi atteindre ce cap des 220 millions d'unités?

Certes le marché est aujourd'hui beaucoup plus large (5+ milliards de clients prospectifs fin 2010!), donc le potentiel est énorme mais la concurrence avec les terminaux basés sur Android en tant que plate-forme technologique stratégique est féroce, attisée par l'habile "tous contre 1" orchestré par Google. Tous ces terminaux aussi fonctionnels et moins chers que ceux d'Apple ne vont-ils pas empêcher l'atteinte de ce cap historique par la firme de Cupertino?

Source: blog Media and Tech (par didier durand)

jeudi, octobre 21, 2010

Video interactive à 360°: la première que je vois!...

La première que je vois de ce genre: une vidéo interactive à 360°!

Ce que j'entends par là: en cliquant sur un pixel de cette vidéo puis sans relacher la souris, vous pouvez la faire tourner à votre guise (d'où l'interactivité) autour de ce point dans toutes les directions (d'où les 360°)

C'est la même idée que Google Street View mais dans ce cas, on passe la photo statique à la vidéo animée.

Comme c'est à but publicitaire, elle est bien protégée, impossible de vous la montrer sur ce blog, il vous faut une visite directe à http://www.youtube.com/doritosuk

Vous en connaisez d'autres du même accabit ? Merci de nous les signaler par commentaire

La technologie est encore très spécifique, à quand sa démocratisation pour filmer les repas familiaux de la même manière....

Source: blog Media and Tech (par didier durand)

lundi, octobre 04, 2010

Google, Apple, Microsoft: les enjeux de la bataille autour des smartphones!

 Microsoft vient d'intenter un procès à Motorola, grand utilisateur d'Android, après avoir signé un accord de licence autour de brevets mobiles avec HTC, lui aussi fan du système de Google dans ses téléphones. Pourquoi ?

L'intelligence comparée des smartphones actuels n'est qu'éphémère: en laissant agir tranquillement la loi de Moore ainsi qu'elle continue à le faire sur d'autres domaines de l'Internet, celle-ci va raboter ce côté "smart" relatif des téléphone actuels type iPhone ou Nexus One pour faire que ces caractéristiques distinctives actuelles de leur haut de gamme (écran couleur haute résolution, connexion internet permanente, puce GPS, etc.) deviennent absolument standard.

Cette montée en gamme de l'ensemble du parc mondial est un enjeu énorme: il concerne à terme les 5 milliards d'individus connectés par mobile sur cette planète!

Le saut fonctionnel quantique apporté par ces nouveaux téléphones stimule l'entrée de nouveaux acteurs comme Google pour qui ces 5 milliards de combinés en service ne sont pas l'enjeu de la bataille. C'est l'utilisation massive de l'Internet et les revenus publicitaires mobiles qui vont en découler qui l'intéresse.

C'est pour cela qu'il donne gracieusement son système Android à tous les constructeurs de combinés téléphoniques: pour leur permettre d'innover au plus vite dans le sens de combinés toujours plus riche fonctionnellement.

Android est donc devenu le cheval de bataille des nouveaux constructeurs mobiles qui n'ont pas d'actifs  antérieurs à protéger. Il est par contre le cauchemar de Nokia: la société finlandaise fait tout ce qu'elle peut pour saborder Android au profit de son système Symbian et se refuse bien sûr officiellement à l'utiliser directement elle-même. Mais, ce faisant, elle s'isole: elle vient de perdre 2 partenaires de renom: Sony Ericssson et Samsung qui lâchent Symbian pour Android.

Les impacts de Android sont d'ailleurs si forts (relation client, flux financiers, etc.) que les opérateurs mobiles comme Orange, Vodafone en viennent à imaginer leur propre alternative au vu des défaillances actuelles du leader actuel et passé Nokia en pleine turbulence.

La riposte de Microsoft est donc logique: la société de Redmond va successivement intenter des procès à tous les fabricants de combinés Android car elle vit de licences des logiciels qu'elle produit ou à défaut des royalties de son large portefeuille de brevets. A la veille du lancement de Windows 7 Mobile, elle doit donc faire tout ce qui est en son pouvoir par annihiler les efforts de la concurrence.

Cependant, même si Google tente de lui couper directement les ailes, les équipes de Ballmer doivent attaquer eux les producteurs de combiné pour avoir des cas beaucoup plus tangibles et donc des résultats juridiques rapides et plus tranchés! ll faut soit stopper la diffusion des combinés concurrents soit en extirper des royalties maximales par rapport à son portefeuille de brevets. C'est de la bonne tactique juridique, simple et effiace!

C'est Oracle qui s'est pour l'instant juridiquement attaqué au "problème stratégique" de la dominance à termes de Google sur le marché des gadgets électroniques (il est déjà présent dans les 4 outils principaux de notre vie quotidienne...) pour tenter de scier Android à la base en démontrant que Dalvik, bien que totalement réécrite "from scratch" par Google, viole des brevets de base de la technologie Java. Il n'y a que Oracle qui puisse lancer une telle attaque: elle détient les brevets incriminés depuis son acquisition de Sun et elle a les poches assez profondes pour payer les bataillons d'avocats spécialisés nécessaires à un procès aussi séminal!

James Gossling, père de Java,  met en doute la viabilité de ce procès sur la seule base de violation de brevets: Cette position valide donc l'attaque tactique de Microsoft contre Motorola et celle de Apple sur HTC il y a quelques temps.

Tous ces procès dans tous les sens valident en tout cas les propos de E. Schmidt: la nouvelle vague technologique (et  donc financiero-spéculative...) se trouve dans l'Internet mobile.

Quant à tous ces procès, sur le fond, on aura le temps de les disséquer ces prochains mois: ils vont durer des années!  Google ne peut qu'aider - en arrière boutique - HTC contre Apple et Motorola contre Microsoft en plus de traiter sa propre affaire avec Oracle.

On peut donc être sûr que les procédures vont être conduites dans les règles de l'art et ainsi durer de nombreuses années.....


Source: blog Media and Tech (par didier durand)

mercredi, septembre 29, 2010

TV produite par l'utilisateur: bis repetita pour l'épopée FM de 1980?

 
Source: korben.info

Au tout début des années 80, on a eu via la bande FM l'éclatement du monopole des grandes radios nationales. Pour les plus jeunes qui ne l'auraient pas vécu, voir l'extrait de Wikipedia ci-dessous.

Je fais aujourd'hui le pari que nous allons vivre rapidement l'éclatement de ce même monopole pour le dernier grand bastion médiatique protégé: les chaînes de TV nationales privées ou publiques.

En effet toutes les pièces sont en place:
Il manquait une pièce sur ce puzzle pour compléter la palette: le "talk-show de proximité" (à composante sociale, bien sûr ). Korben nous montre que c'est possible dès aujourd'hui avec l'application MyTVLive sur Facebook qui, dans la veine de UStream ou Justin.tv , permet à Mr Tout le Monde, muni de sa seule webcam, de faire son émission de TV diffusée sur le Web en live via Facebook agrémentée de commentaires par les utilisateurs de Facebook en train de regarder. On avait déjà les "grands événements" en live sur Facebook ou Youtube qui expérimente aussi le direct, maintenant on a le contenu local qui peut émerger...

Bien sûr, toutes ces composants sont encore un peu de bric et de broc et quelques mois / années sont encore nécessaires pour fluidifier tout ce nouveau magma médiatique personnel et le rendre accessible et digeste par tous.

Malgré tout si j'étais TF1 ou France Télévision, je m'inquièterais: à la différence de la FM des années 1980, il y a derrière ce "bricolage amateur" (qui me rappelle aussi l'épopée de la CB  dans les mêmes années) des énormes mastodontes mondiaux (Google et Facebook) qui sont prêts à aider tous ces "producteurs TV personnels" par leurs moyens technologiques sans limite (cf l'infrastructure Facebook ou celle de Google) qu'ils mettent à disposition gratuitement via le Web afin de croquer croquer à pleines dents dans le gâteau publicitaire dont la télévision représente de loin la plus grosse part!

On prend date pour l'éclatement de cette cuirasse de la  "TV historique" ? ;-)

Extrait Wikipedia sur la FM dans les années 1980:

"A partir des années 70, quelques groupes de jeunes passionnés de radio commencent à émettre localement sur la FM. Le 13 mai 1977, Radio Verte émet sur Paris et annonce le lancement de dizaines de radios FM un peu partout en France. 

Le défi fait grand bruit, les stations se multiplient et l’état multiplie saisies et brouillage. Considéré par le Premier ministre Raymond Barre comme « un germe puissant d’anarchie » les radios libres de la FM peinent à exister. 

L’élection de François Mitterrand en 1981 marque un changement véritable puisqu’il a soutenu les initiatives des radios libres. Après avoir hésité face à l’opposition de la presse écrite, les socialistes entament une timide libéralisation de la FM, limitation de la puissance, interdiction des revenus publicitaires. 

Bientôt ces contraintes cèdent au profit des stations les plus puissantes et les mieux organisées, NRJ, Skyrock. Les radios libres deviennent des radios locales privées."

Source: blog Media and Tech (par didier durand)

lundi, septembre 27, 2010

Google maintenant, à quand Wikio, Digg, etc. ? L'algorithme peut diffamer.....

La récente décision du TGI de Paris condammant Google et son pdg Eric Schmidt pour diffamation suite aux mots-clefs de recherche peu agréables associés au nom du plaignant va sans doute faire date dans la jurisprudence française voire internationale !

Elle est abondamment détaillée sur le fond par Guillaume.

Les anti-américanistes primaires vont s'en réjouir ("Google condamné, cool!") mais ils ont à mon avis grand tort: cette décision pourrait en effet plutôt annihiler les efforts innovants de bon nombre de startups technologiques, nettement moins bien équipées que Google en termes de défense juridique et avec des poches bien profondes que le géant de Mountain View pour payer les factures d'avocats. Et, si la situation de l'innovation numérique se fige ou ralentit très fortement dans la situation actuelle, l'Europe n'aura seulement perdu plusieurs batailles mais la guerre...

En effet, la phrase clef de ce jugement est à mon avis. "les algorithmes ou les solutions logicielles procèdent de l’esprit humain avant que d’être mis en œuvre" et de celle-ci le TGI déduit alors que ces algorithmes engagent la responsabilité de ceux qui les produisent / utilisent donc celle de Google dans le cas présent.

Même si, prise au pied de la lettre, cette assertion est bien sûr correcte. Elle pose un vrai problème car, par analogie, elle peut potentiellement mettre en danger tous les sites qui publient des éléments de contenu à partir de l'application d'algorithmes sur leur matière première: de l'information numérique produite par leurs utilisateurs directes ou collectées sur d'autres sites.

Le tribunal a ici appliqué cette assertion à des mots-clefs à connotation diffamante couplés par les recherces d'autres internautes  mais la voie est ouverte pour d'autres procès:

tous les agrégateurs de contenu (Wikio, Digg, etc...) dont les algorithmes mettent en première page des informations parfois "litigieuses" vont désormais risquer de tels procès  à leur tour. Idem pour les réseaux sociaux (Facebook en tête!) qui republient des informations à la demande de leurs membres. En général, ce sont les plus salaces qui circulent le plus vite grâce à ces algorithmes par toute "l'émotion" qu'elles suscitent-.

Ces sites doivent donc se munir, si ce n'est pas déjà fait, d'une équipe d'éditeurs prêts à éradiquer tout contenu dès qu'il est contesté par les acteurs qu'il met en cause à leur demande. Cela leur assurera au moins la conformité à la loi LCEN.

Ce faisant, ces sites vont acquérir un côté éditorial de plus et plus marqué (alors qu'ils veulent le fuir pour continuer à pouvoir fonctionner à grande échelle sans d'immenses coûts humains ...) et donc s'exposer encore plus aux attaques juridiques issues de la sélection manuelle toujours plus intense qu'ils vont devoir réaliser pour "corriger" les résultats imparfaits de leurs algorithmes. Le piège du cercle vicieux!

Des procès similaires à ceux de Fuzz ou Wikio (gagnés par ces startups au 1er tour) ou d'autres cas Google pourraient alors  ré-émerger à court terme pour un deuxième test face à cette nouvelle jurisprudence! Par exemple, le célèbre "trou du c..." présidentiel récent à  côté duquel vous n'avez pas pu passe ces dernières semaines: là aussi, ce sont les algorithmes de Google qui ont amené cette page en haut des résultats pour ces mots-clefs. L'argument si souvent utilisé par Google "c'est pas nous, c'est nos algorithmes" ne tient plus....

Cette décision ne vient-elle donc pas d'ouvrir la boîte de Pandore ? A tort ou à raison: pour moi, ce n'est  pas évident é ce moment....

PS: ces coups de balanciers judiciaires d'un côté puis de l'autre sont normaux. Il n'est pas évident de trancher ces situations toutes fort similaires où il s'agit de juger le résultat indirect du travail (algorithme) d'une personne / d'une équipe par sa matérialisation (les résultats du moment) qui peut arriver des mois ou des années après l'écriture dudit algorithme, c'est à dire dans un contexte nouveau et différent.

Source: blog Media and Tech (par didier durand)

jeudi, septembre 23, 2010

Mark Zuckerberg (Facebook) plus riche personnellement que Steve Jobs (Apple)

"La valeur  n'attend point le nombre des années"  disait Corneille.

Pour le ceo de Facebook,  Mark Zuckerberg, il lui aurait juste suffi d'écrire la "valeur pécuniaire". En effet, avec une fortune personnelle, maintenant estimée à 6.9 milliards de dollars par le classement périodique de Forbes, il passe devant Steve Jobs qui ne vaut lui "que" 6.1 milliards de dollars (provenant pour la majeure partie de la vente des studios Pixar à Disney plutôt que de ses parts  Apple pour 1.3 milliards). Pas mal à 26 ans!

Il a encore un peu de travail pour rattraper les 2 fondateurs de Google, Sergei Brin et Larry Page qui sont maintenant chacun riche de 15 milliards. Le top, c'est toujours Bill Gates avec 54 milliards de dollars. Encore un peu de boulot , Mark....

Cette forturne de M. Zuckerberg est bien sûr due à la croissance explosive de sa création:  le réseau social Facebook maintenant fort d'un demi-milliard d'individus fréquemment actifs. Cette pénétration planétaire massive fait exploser la valeur de sa société estimée ces jours-ci à 23 milliards de dollars contre 14 il y a encore seulement 9 mois.

La valeur de Facebook n'est pas à son apogée: M. Zuckerberg a confirmé hier le développement en cours d'une plate-forme sociale mobile destinée à mettre le "tout social" dans notre poche.

Sur base de l'Android de Google ? Ce n'est pas impossible car M. Zuckerberg ne veut pas faire un nouvel OS mobile (la guerre fait rage par ailleurs...) mais s'appuyer sur un OS existant et le modifier profondément pour atteindre son but: le choix juridique initial de Google en termes de licence le permet parfaitement!

Alliance de circonstances pour des sociétés qui se battent comme des chiffonnières sur d'autres domaines?

Source: blog Media and Tech (par didier durand)

jeudi, septembre 16, 2010

Orange: vade retro Android, iPhone !

Les opérateurs mobiles sont devant un immense défi qui pourrait bien devenir un énorme problème. Ils vivent à travers iPhone et Android de plein fouet la désintermédiation / ré-intermédiation pour potentiellement devenir de simples transporteurs de bits qui ne pourront plus se battre que sur leur prix tant leurs prestations vont devenir indistinguables si ce transport devient effectivement leur seule mission. Mauvais pour la croissance et les marges !

Freenews rapporte les propos au Figaro de Stéphane Richard, DG d'Orange:

Les opérateurs peuvent-ils reprendre la main face à Apple ou Google ?
Oui, je le crois. C’est pour cela que j’ai invité le 8 octobre à Paris les patrons de Vodafone, Telefonica et Deutsche Telekom. Nous voulons réfléchir en commun à la création d’un système d’exploitation, qui est le cheval de Troie utilisé par les Google et autre Apple pour établir leur propre relation avec nos clients. Nous militons pour le monde le plus ouvert possible. À nous quatre, nous pesons près d’un milliard de clients et avons une vraie force de frappe et capacité d’influence sur l’industrie. Cela peut prendre diverses formes : une société commune, petite usine à applications communes, nous allons voir… Nous ne voulons pas être des suiveurs mais reprendre les rênes dans l’innovation.
En effet, Google via Android et Apple via iPhone façonnent actuellement le marché mobile totalement nouveau:
  • ils définissent, conçoivent puis commercialisent leurs combinés sans demander réellement leur avis aux opérateurs mobiles historiques. Auparavant, ceux-ci travaillaient main dans la main avec Nokia, Ericsson & co pour définir notre prochain téléphone en faisant bien attention à ne pas "se tirer une balle dans le pied" en innovant trop vite ou dans des directions dangereuses pour leurs flux de revenus. Les nouveaux combinés ont donc des objectifs très différents: être les plus innovants et riches pour accélérer notre vitesse de renouvellement (Apple), nous faciliter l'utilisation de l'internet pour la maximiser et donc optimiser les revenus publicitaires (Google).
  • ils ont ouvert le marché: les kits de développement sont peu coûteux (Apple) voire gratuits (Android). Tout individu qui possède un peu d'originalité et quelques talents programmatiques peut devenir développeur pour participer à cette nouvelle ruée vers l'or...(..dinateur dans notre poche de jeans) sur laquelle  Eric Schmidt suggère de veiller "comme le lait sur le feu".
  • ils ont facilité la commercialisation par ces applications: Appl App Store et autre Android Market. Pour Apple, chaque téléchargement rapporte 30 cts mais il s'agit surtout de vendre toujours plus de combinés même si à 40% cela devient dangereux. Pour Google, il s'agit de créer un maximum d'applications au plus vite: la plupart d'entre elles sont gratuites. Et alors,  vers qui se tournent les développeurs pour les monétiser via la publicité ? ;-)
  • ils ont capturé la relation de facturation de manière partielle mais croissante encore pour de nombreuses années: les acheteurs d'applications payent directement Apple qui reverse ensuite 70% (idem pour Google) aux développeurs. L'opérateur n'est plus le vecteur de ces transactions sur lesquelles il pouvait directement se commissionner sans devoir chercher des rétributions indirectes toujours fragiles...
  • ils ont fait disparaître la relation de support: la palette d'applications est tellement large que les utilisateurs se débrouillent désormais en majeure partie via les forums Internet, etc. pour réparer leurs problèmes: les centres d'appel sont maintenant incapables de régler les problèmes dans cette multitude d'application et ne souhaite d'ailleurs pas le faire.
  • Ils ont tué la majeure partie des services à forte valeur ajoutée (donc à forte marge) : l'intégration de puces GPS dans les combinés a désintégré la manne potentielle des services de géolocalisation, les applis VoIP à la Skype sur mobile s'en prennent même aux communications vocales juteuses à (roaming) ou vers l'étranger.
Les chiffres toujours plus gros produits tour à tour par Apple et Google doivent créer des cauchemars chez les opérateurs précités car ils sont tous côtés en bourse et le désamour de leurs actionnaires va poindre très vite sous forme de chute libre des cours si jamais ils ne trouvent pas de solution à cet épineux problème.

La tactique actuelle des forfaits "tout compris" n'est que maladroitement défensive : elle tente de protéger les revenus actuels mais ne constitue pas une direction stratégique viable pour assurer la profitabilité et la croissance de ces fleurons boursiers d'hier et d'aujourd'hui. Comment construire demain sur des fondements aussi ténus?

Google voulait initialement aider ces opérateurs face aux fabricants par sa stratégie derrière Android: il ne peut pas les mettre en difficulté car sa prospérité publicitaire dépend de leur propre viabilité.  Cette réaction démontre-t-elle qu'il y a "un os dans le potage" dans la vision de Moutain View ? La ré-intermédiation (cf celle de la presse) n'est pas une situation inconnue pour Google qui a d'ailleurs celle de la TV en ligne de mire....

Source: blog Media and Tech (par didier durand)

lundi, septembre 13, 2010

[Fun] L'iPad ne remplace pas le journal ... pour tout !

Mise à jour du 21 septembre 2010

Si jamais, la vidéo ci-dessous devient inaccessible sur Youtube , voir ce billet de Numérama pour toutes les explications sur l'humour peu développé chez Apple.

 Billet du 13 septembre 2010:

Forrester a prédit que l'iPad allait être un carton. Ruppert Murdoch a dit qu'il allait sauver la presse. En tout cas, il ne la remplace pas pour tout!



Merci pour le lien, Jean-Luc!

Source: blog Media and Tech (par didier durand)