mercredi, août 30, 2006

Prochain haro sur Google Books? Des livres complets (hors droits) téléchargeables gratuitement

Google est dans une quête perpétuelle pour la maximisation du contenu (gratuit) de son index et disponible sur Internet en général. L'objectif est clair: maximiser les espaces publicitaires collatéraux à ces contenus afin d'avoir un maximum d'exposition pour ses publicités Adwords/AdSense en mode pay-per-click qui sont au coeur de sa stratégie (voir le graphique de ce billet)

Constatant qu'un immense contenu se trouvait dans les livres non accessibles sur Internet, Google (copié par Yahoo et Microsoft unis dans l'Open Content Alliance - OCA) a entrepris dès 2004 de les digitaliser: c'est le service Google Print renommé Google Books (voir le site français) en chemin.

Dans cette croisade, il a créé depuis longtemps des différends avec les éditeurs car cette quête du contenu universel gratuit est clairement et souvent en opposition avec les intérêts des maisons d'édition.

Celles-ci le lui rappellent souvent: en France, le dernier exemple en date est le procès des éditions de La Martinière contre Google Books pour violation des droits d'auteurs. Il suit de multiples péripéties juridiques avec les auteurs et éditeurs américains (sans parler du procès AFP autour des dépêches en ligne...)

Mais, aujourd'hui Google frappe très fort: la BBC annonce qu'il va proposer gratuitement le téléchargement en ligne de livres complets (format PDF issu de la numérisation) pour lesquels les droits d'auteurs sont tombés. Le blog principal de Google et celui dédié à Google Books confirment chacun la nouvelle.

[Exemple: une traduction anglaise de l'Enfer (La Divine Comédie) de Dante de 1833 - le livre complet en PDF est accessible sur cette page (le petit bouton "Download" donne accès aux 437 pages du livre intégral pour 5.1 Moctets seulement!)]

Sachant que les droits ne durent que quelques dizaines d'années (le "quelques" étant variable selon les pays), cela va donner un accès gratuit à des millions de livres à Mr Tout Le Monde depuis son PC. Cela veut dire par exemple Molière, La Fontaine, Jean-Jacques Rousseau, Platon, etc... accessibles sur chaque PC de la planète

Mon coeur balance:
  • c'est très bien pour la diffusion de la culture sur la planète: chaque individu va pouvoir accéder à de tels chefs d'oeuvres. Actuellement, il est sûrement difficile (et coûteux) de trouver des éditions originales d'auteurs classiques hors de leurs pays!
  • MAIS, ces classiques hors de droits sont encore commercialisés et font les beaux jours de certaines maisons d'édition et imprimeries. Des drames sociaux en perspective?....
Je suis sûr que cela va générer des tonnes de nouvelles batailles juridiques avec les éditeurs ! (même si le mouvement de base de Google semble 100% légal puisque les droits d'auteurs sont tombés sur les livres choisis).

Autant Google pouvait plus ou moins "se les mettre dans la poche" en partageant les revenus Adwords de Google Books et en générant des leads pour ces livres vers Amazon ou Alapage.com mais là, il va avoir du mal à expliquer qu'il n'est pas en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis!

De toute façon, je ne comprends pas ce mouvement de Google par rapport à la stratégie évoquée en préambule: en quoi cela augmente-t-il l'activité de recherche sur son moteur et les espaces publicitaires correspondants? Au contraire....

Pour boucler sur une note positive, les marchands d'imprimantes PC et de consommables peuvent se frotter les mains ! Ce que l'on appelait encore humoristiquement le "copillage" récemment va exploser....

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

15 commentaires:

tonioblog a dit…

Deux autres sites de livres libres de droits:
http://gallica.bnf.fr/
http://fr.wikibooks.org/wiki/Accueil

Sébastien Billard a dit…

Je pense que c'est une bonne chose, de toute façon un livre de poche imprimé sera toujours plus pratique pour la lecture qu'un pdf, qu'il soit imprimé ou lu sur un écran.

d. durand a dit…

Bonjour Tonio(Blog)

Je ne connaissais pas ces sites: merci des pointeurs!

didier

d. durand a dit…

Bonjour Sébastien,

la remarque sur le livre de poche et son bas prix est pertinente.

N'y aura-t-il pas quand même plus de "copillage" que par le passé à travers cette nouvelle facilité?

cordialement

didier

Sébastien Billard a dit…

Du copillage... Je crois que Google va faciliter les références rapides et le "grignotage littéraire" : on piochera des extraits d'oeuvre littéraires dans Google Books, tandis qu'on continuera de préférer le livre traditionnel pour une lecture complète.

d. durand a dit…

Sébastien,

C'est sûr que cela facilitera les références liitéraires mais je crains quand même l'envie irrépréssible de tout impriner (au lieu d'acheter) pour ceux qui ont un accès facile à des imprimantes

didier

Anonyme a dit…

Google n'a pas inventé grand chose.
La référence des livres libres de droit reste quand même le projet gutenberg, qui existe depuis de nombreuses années :
http://www.gutenberg.org

les livres ont en plus l'avantage d'être de vrai fichier textes et non des scans de livres. Beaucoup plus léger, et cela permet de pouvoir manipuler le texte (notamment pour lui donner la mise en forme que l'on désire....)

Pierre Schweitzer a dit…

L'utilisation du mode image est très surprenant. Car si les oeuvres sont bien 'tombées' dans le domaine public, l'éditeur peut revendiquer des droits sur la mise en forme (c'est d'ailleurs ce que fait La Martinière dans sa plainte en France) ou sur le paratexte, les notes en bas de page, etc.

Attendons d'avoir quelques PDF d'éditeurs français sous la main pour éclaircir ce point car les réactions ne se feront pas attendre...

Aux Etats-Unis, la notion de fair use départage plus nettement les intérêts des détenteurs de droits et du public. D'ailleurs, pour répondre à votre interrogation Didier sur l'intérêt de Google à diffuser gratuitement des PDF du domaine public, il me semble que justement, Google soigne son image auprès du public en faisant cela et en pratique, c'est une sorte de traitement préventif pour faire la démonstration du Fair-use avant que les plaintes des éditeurs n'aboutissent sur d'autres sujets...

d.durand a dit…

Bonjour Pierre,

Ravi de recevoir votre excellent commentaire sur mon billet.

Grâce à vous, je viens de comprendre l'intérêt de la diffusion des pdfs.

Un grand merci!

didier

Joseph a dit…

Je ne comprend pas le débat, les livres qui sont dans le domaine public sont gratuits, point.
Si on veut en faire des éditions illustrées ou argumentée libre à chacun de le faire. C'est normal, un siècle après votre mort à quoi ça sert d'avoir des droits d'auteur!
Heureusement que c'est comme ça.
Gutemberg existe depuis 15 ans et propose une quantité pas croyables de textes dans le domaine pubic. Chacun peut en faire ce qui veut même l'imprimer sur du papier toilette, c'est libre. Il y a même quelques centaines d'auteurs vivants qui ont donné leur livres dans le domaine public. C'est courageux quand même.

d. durand a dit…

Bonjour Joseph,

Ok pour le côté légal: il est irréfutable.

Je m'imterrogeais seulement sur les conséquences d'un tel mouvement: quand c'est Google qui le fait, il sera beaucoup plus visible que Gutemberg même si la finalité est la même.

pierre schweitzer a dit…

Joseph,

Vous faites une confusion : ce ne sont pas les livres qui sont dans le doamine public, mais les oeuvres.

En clair, une nouvelle édition illustrée de Don Quichotte n'est pas libre de droits en raison de ses illustrations...

Cela dit, je suis d'accord avec vous sur le fond : le droit d'auteur s'éteint en France 70 ans après la mort de l'auteur et c'est incompréhensible à l'heure d'Internet. N'oublions pas que le droit d'auteur s'est construit pour protéger les auteurs de leurs intermédiaires commerciaux, et non du public qui fait leur popularité !

Post-Sciptum : le projet Gutenberg a plus de 30 nas déjà... comme le temps passe vite !

d. durand a dit…

-> Joseph, Pierre:

J'apprécie votre "discussion" par mon blog interposé.

Merci de vos remarques pointues!

didier

Anonyme a dit…

Les livres numeriques et papier ne devraient pas entrer en concurrence mais en complémentarité ! aujourd'hui 70 % des livres imprimés finissent au pilon, avec une "impression à la demande", chez le libraire par exemple, le gâchis de papier (et d'arbres) serait moindre, le choix d'ouvrage énorme, la personnalisation possible etc...
Le prix du conseil, de l'impression serait alors justifié en fonction du format du livre et non de droit servant plus à payer de la tva que l'auteur.

d.durand a dit…

Bonjour Anonyme,

Sur le fond, 100% d'accord avec vous!
Mais, je crois que les éditeurs craignent les "dérapages" en autorisant l'impression à la demande à des tiers comme Google...

bonne journée
didier