jeudi, août 31, 2006

Haro sur Google: le point de vue universitaire français

J'avais prédit hier un haro sur Google parce qu'il permet le téléchargement gratuit de livres classiques dont les droits d'auteurs sont tombés.

Il n'a pas tardé: Olivier Ertzcheid - qui dans son billet très fouillé détaille aussi toutes les conditions du deal entre Google et les universités américaines - nous livre son point de vue d'universitaire français qui pense que c'est un marché de dupes.

Il écrit: "Au final le marché de dupe est le suivant : chacun des 2 partenaires reçoit "sa" copie, une copie à usage interne si l'on veut. Mais le marchand (Google) s'ouvre tous les droits sur la sienne et les copies de la sienne (impression, téléchargement, revente ...) et impose au bibliothécaire un usage fermé et stérile de la sienne (pas de revente ni de cession, pas de téléchargement depuis les sites universitaires, etc.). Une forme revendiquée d'eugénisme documentaire.

On appréciera le cynisme du billet annonçant la nouvelle sur le blog de Google : "Now, with the help of our wonderful library partners, we're able to offer you the ability to download and read PDF versions" ...
Chaque nouvelle bibliothèque contractante, en même temps qu'elle assure une visibilité de ses fonds et à l'impression de contribuer à la dissémination mondiale de la culture, fait faire un irrémédiable pas en arrière de plus à l'ambition d'une bibliothèque universelle.

Et pour parachever le tout, nos chères bibliothèques n'ont d'autre choix que d'accepter le cadeau "empoisonné" de Google qui consiste à opter pour une solution hébergé, le temps de la numérisation : c'est à dire que les oeuvres seront disponibles sur le site de Google uniquement, le temps que les université aient mis en place les capacités de stockage et de bande passante nécessaires ... "

Pas tendre, Olivier, mais sûrement très réaliste sur beaucoup de ses arguments!

Le débat va être brûlant mais passionnant: sur le fond, il dépasse très largement le sujet Google Books pour poser de grandes questions de société sur le rôle de nos institutions académiques, l'utilisation commerciale des biens publics, etc...

Nous vivons vraiment une époque très spéciale dans notre Histoire!

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

5 commentaires:

olivier ertzscheid a dit…

Bonjour Didier,
je précise que ce n'est que le point de vue "d'un" universitaire français et non le point de vue universitaire français en général ;-)

d. durand a dit…

Bonjour Olivier,

Je sais que j'ai généralisé en omettant ("un"). Je l'ai fait un peu volontairement car tu es l'un des rares (à ma connaissance) universitaire français à t'exprimer sur ce genre de sujets.

Dois-je corriger?

cordialement

didier

olivier a dit…

Inutile de corriger. Ta formulation fera peut être réagir certains. En tout cas elle appelle au débat, ce quipour ce genre de nouvelle est plus que nécessaire :-)
Cordialement

d.durand a dit…

Bonsoir Olivier,

Un endroit sur lequel les commentaires vont bon train, c'est sur Agoravox ou`j'ai republié aujourd'hui le 1er billet d'hier

Voir http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=12863

PS: certains commetaires sont complètement ésotériques (pour le moins.... sans parler de l'érotisme que voient d'autres dans la lecture sur papier)

Anonyme a dit…

J'ai vu ça. J'ai mis également mon article en republication sur Agoravox. Il devrait apparaître bientôt. Mais d'expérience (pas uniquement la mienne, n'ayant republié que trois articles), le trolling est une habitude du site. Peut-être que des choses intéressantes arriveront tout de même à émerger ...
Olivier.