mardi, novembre 06, 2007

Opensocial et Open Handset Alliance/Android = loi de migration des profits attractifs de Christensen en action!

Je pars de la même constatation qu'Olivier pour les récentes annonces de Google autour d'Open Social et d'Android / Open Handset Alliance : ce sont 2 morceaux d'une même stratégie (à long terme) élaborée à Mountain View

Par contre, nous divergeons sur la finalité de cette stratégie:
  • "Google est le webOs, le webOs est Google" est la métonymie (->Olivier: j'ai appris un mot. merci!) qui décrit selon Olivier ce que prépare Google: un web ouvert et standard mais contrôlé par lui. Olivier en parle ainsi: "...un Internet substitutif. L'internet de Google. Un réseau ouvert. Ouvert mais propriétaire. "Tu fais ce que tu veux chez moi, tu y invites qui tu veux, tu t'y comportes comme tu veux mais ... tu n'oublies pas que tu es chez moi." Ou plus précisément, moi propriétaire, je mets tout en oeuvre pour te permettre d'oublier que tu es chez moi : en te laissant te comporter à ta guise, en te laissant meubler ou réaménager tout ou partie de ma maison, je t'observe, je t'analyse pour mieux te rendre lisible, perméable, prévisible, pour rendre monétisable chacune de tes actions, chacun de tes comportements."...
  • selon moi, l'objectif est tout autre: il s'agit au contraire d'ouvrir et d'aplanir au maximum et de mettre en action la "destruction créatrice " de Schumpeter (déjà évoquée à propos de Feedburner) dans 2 zones où Google ne règne pas: les réseaux sociaux et les télécommunications mobiles. Pourquoi ? Parce que les stratèges de Google ont, à mon avis, admis (au moins de manière interne) qu'ils ne prendraient pas une place et des parts de marché significatives dans ces 2 mondes bien verrouillés par les opérateurs (que Pierre appelle non sans raison "une mafia") pour les mobiles et par les 2 grands (Facebook et MySpace) dans l'autre.
Quand on n'est pas leader, il n'y a alors aucune chance d'extraire de manière significative les profits de ces marchés. Rappel: la taille du marché des télécoms, c'est 1'500 milliards de dollars annuels. On ne peut pas négliger une telle industrie quand on s'appelle Google (avec 10 milliards de chiffres d'affaires pour 2006), que l'on est finalement un intermédiaire en publicité (99% des revenus) dans le monde des médias, que l'on est à la recherche effrénée de croissance et que la connexité entre télécoms et médias est toujours plus forte.

Alors que faire? Eh bien, à mon avis quand on a la taille et la puissance de Google, on tente d'exacerber la concurrence de l'industrie en question en lançant puis en tentant d'assurer le succès de standards destinés à
Sous-théorie complémentaire à l'argumentaire précédent: ces 2 annonces sont destinées à séduire les développeurs tiers dont le nombre va exploser vu la démocratisation des infrastructures. Tout le monde (ou presque) va donc pouvoir s'y mettre. Les services Internet vont aller du mass-market du web 1.0 à une Longue Traîne de mashups de niche dont il faudra agréger les revenus par des services comme Adsense. Google sera là! Mais il aura besoin de l'armée des fourmis-développeuses pour gagner: plus aucune société ne pourra à l'avenir lutter seule contre le reste de la planète auparavant dispersée / déconnectée mais maintenant rassemblée par Internet sous forme de "réseau cérébral global", formé des neurones (les blogueurs, masheurs, youtubers, etc...) connectés par les synapses formées par leur lien ADSL. Pour se mettre cette armée dans la poche, il faut lui procurer les bonnes armes: des standards ouverts qui lui permettent de rayonner au maximum!

PS: pour Pierre, voilà mon commentaire...

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

4 commentaires:

Nicolas Cynober a dit…

Mon avis sur tout ça est cette fois peu académique. Je rajouterais bien à mon billet qu'il ne faudrait pas essayer de trouver une stratégie commune à TOUTES les actions de Google. Google est une grosse société qui se bat sur plusieurs fronts.

Joseph a dit…

j'aime bien cette analyse. Mais c'est pas uniquement une question de stratégie (après tout racheter Facebook ou des leaders dans les mobiles aurait été possible et n'aurait rien couté à google vu que la bourse le soutient les yeux fermés) c'est aussi une question de vision du monde à venir. "The road ahead" ce n'est plus Gates mais Larry Page.

d.durand a dit…

Salut Nicolas,

J'ai lu ton avis: tu as peut-être raison = pas forcémment de connexion de tout avec tout mais c'est tellement fun de chercher ces liens! ;-)

a+
didier

d.durand a dit…

Bonjour Joseph,

On a les mêmes lectures ;...

Mais, malgré tout pour Google ou MS: vision du monde et stratégie commerciale de la société, cela finit par se rejoindre. Non? ;-)
cordialement
didier