mercredi, juillet 04, 2007

Feedburner 100% gratuit = Google en pleine "destruction créatrice"!

Feedburner devient maintenant totalement gratuit: il n'y a plus de version PRO payante supérieure à la version d'entrée de gamme que j'utilise depuis le début de Media & Tech et dont je suis un grand fan.

Je vais donc faire partie des 450'000 utilisateurs de Feedburner qui vont pouvoir basculer vers l'accès complet aux statistiques autour de feed RSS (nombre de personnes ayant effectivement vu/lu l'article dans le feed et analyse des clics depuis le feed vers le blog en particulier).

C'est une conséquence habituelle d'une acquisition par Google : la bascule vers la gratuité a ainsi déjà eu lieu pour Analytics (Urchin), Picasa, Sketchup, Blogger, Earth (ex-Keyhole). La nouvelle filiale de Google acquise pour 100 millions subit le même sort que les précédentes.

On pourrait se demander pourquoi cette gratuité généralisée ?

Ma réponse personnelle: Google a fait 99% de ses 10 milliards de chiffre d'affaires 2006 via la publicité Internet. Il a donc tout intérêt à maximiser l'efficacité de cette publicité Internet (Analytics) pour faire que les annonceurs utilisent toujours plus ce canal publicitaire qui explose. De la même manière pour les autres outils ci-dessus devenus gratuits: ils servent à maximiser les espaces "éditoriaux" destinés à accueillir cette publicité nouvelle.

Google sacrifie donc les dollars potentiels du paiement de ces services "annexes" contre une maximisation (potentielle) des revenus de son "core business": la publicité, stratégique aussi selon Microsoft dans l'époque Web 2.0.

C'est donc la fameuse "destruction créatrice" de l'économiste Joseph Schumpeter (déjà évoquée pour Skype et Craiglist) en pleine action sous les feux de la rampe!

Si vous avez une autre explication, je prends!

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

7 commentaires:

Luc a dit…

Vivement que google rachète le FISC

^^

Commentaire inutile du jour, bonjour!!

D.VDA a dit…

Bonjour,

Je n'y vois reproduit que la tactique des effets de réseaux omniprésente dans l'économie numérique.

Google est à ce titre un emblème de la gratuité. La gratuité crée les marchés et recrute les abonnés (vous êtes membre à titre gratuit, mais membre..) en misant sur le fait que l'utilité s'intalle et que les coûts de sortie (en cas d'un excès de publicité par exemple, ce que Google gère finement) pour l'abonné soient toujours élevés.

C'est de l'addiction. Après GOOG peut toujours devenir le MS d'hier, on ne fait pas trop attention à la volonté d'organiser l'information universelle et particulière de grand frère GOOG, la seule entreprise gentille au monde, ses produits sont si réussis.

(note qu'il n'y a aucune animosité envers Google, mais il faut reconnaître que nous en sommes là ou bien être aveugle.)

d.durand a dit…

Salut Luc,

Je partage ;-)

moala a dit…

Je trouve que c'est un mouvement de concentration de l'information et du "membership".

Pour regarder des vidéos, ok, pas trop de problème...

Par contre, votre courriel, votre agenda, vos documents, toutes vos recherches sur internet... si vous utilisez tous ces services, Google en sait plus sur vous et votre travail que... votre employeur par exemple. Et cette concentration est accélérée par la non-interopérabilité des services (ouf, certains sont interopérables) et l'absence de dissolution des données parmi plusieurs acteurs, notamment européens.

Je m'explique avec un exemple : si vous utilisez un service interopérable de messagerie instantanée, prenons gtalk/jabber, et que vous choisissez un serveur quelconque ; puisque presque l'ensemble de votre carnet de contacts utilise gtalk, pratiquement la totalité de vos conversations est connue de google.

Il faut ainsi réfléchir à ce que l'interopérabilité des services 'réseau' apporte en tant que "pompage" de l'information, pour les acteurs super-dominants.

Benoit a dit…

Ce n'est vraiment pas utile de convoquer le cher vieux Schumpeter : je ne vois pas bien ou est la "destruction créatrice" dans le fait qu'un vendeur de services vend ses clients aux annonceurs qui veulent se faire connaitre de ses clients ? !

bof...

A part formater à fond la caisse l'opinion des clients, je ne vois pas bien ou est la "créatrice" ; et quant à la "destruction", elle porte pluôt sur la pluralité des media, donc des opinions, me semble t il ?

d.durand a dit…

Bonjour Moala,

D'accord avec l'idée mais pour jouer ce jeu de la non-interopérabilité volontaire, il faut être super-dominant. (c'est le cas de Google).

Est-ce tenable à long-terme?

Par contre, tant qu'on a cet avantage, les bénéfices sont énormes!

d.durand a dit…

Bonjour Benoît,

Je vois la chose ainsi:

"destruction" (de valeur): Google sacrifie les revenus directs d'un service comme Feedburner qui était payant (version PRO) et pouvait le rester....

"créatrice": .... pour créer de plus gros volumes de revenus dans la publicité en permettant aux producteurs de contenus UGC d'être plus efficaces.

C'est un angle de vision possible, n'est-ce pas?
cordialement
didier