L'économie de la sérendipité, stimulée par les moteurs de recherche continue à se développer: après le New-York Times, c'est maintenant un pilier des médias allemands, le magazine Spiegel qui rendra, au printemps 2008, gratuit l'accès à l'intégralité de ses archives depuis 1947.
Pourquoi il "bascule" aussi? Parce, chiffres à l'appui, Emanuel démontre que cela fonctionne: la publicité compense (largement ?) les revenus perdus des abonnements à ces archives !
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
Affichage des articles dont le libellé est gratuit. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est gratuit. Afficher tous les articles
lundi, décembre 17, 2007
lundi, septembre 24, 2007
Commentaire du jour [26] - Les dangers de la pseudo-gratuité (par Narvic)
[Commentaire du jour sur Media & Tech: quoi et pourquoi - Les autres commentaires du jour]
le billet récent sur le NYT gratuit remet sur la table toute la problématique (quasi-éternelle dans les médias...) de la fausse gratuité liée au sponsoring publicitaire. Narvic l'a résumée de manière excellente et très détaillée dans un très long commentaire à mon billet
Comme je le fais régulièrement pour ce genre de commentaires très riches et ayant demandé un gros boulot, je republie ce commentaire en tant que billet:
Voici donc le commentaire de Narvic sur la (pseudo-)gratuité et ses conséquences:
"Vos remarques sont intéressantes, notamment votre approche selon laquelle l’abandon de l’accès payant par abonnement au fonds d’archives du NYT peut se révéler à terme - presque paradoxalement - une source de revenu réelle, en améliorant la visibilité du site sur la première page de recherches Google, ce qui pourrait permettre d’accroître ses ressources publicitaires...
Mais, s’il vous plait, cessez de dire qu’il s’agit là d’un accès "gratuit"... Il n’y a pas plus de gratuité dans ce "modèle", qu’il n’y en a dans celui des journaux papiers abusivement qualifiés de "gratuits".
Ces "modèles" sont financés par la publicité et la publicité est tout sauf gratuite ! La publicité est payante, et au bout de la chaîne qui constitue son "modèle" spécifique, ce sont les consommateurs qui la payent: les consommateurs du NYT en ligne, comme ceux d’Agoravox d’ailleurs, payent cette apparente gratuité par un surcoût (minime et donc presque invisible) sur le prix de leur pot de yaourt.
C’est d’ailleurs tout le "génie" de ce modèle de parvenir à collecter des milliards d’euros et de dollars de revenu auprès des consommateurs de manière indolore, et quasi invisible, en s’offrant "le luxe" de développer un discours totalement abusif, à la limite du mensonger, sur le thème de la gratuité.
Les conséquences de ce mode de fonctionnement sont pourtant nombreuses et importantes, et continuer à parler de "gratuité" dans ce cas contribue très largement - très opportunément ? - à les occulter.
Le "décrochage" entre l’acte d’achat (c’est à dire la lecture du NYT en ligne, ou d’Agoravox, ou de 20 Minutes sur papier, etc.) et son paiement réel (le petit surcoût sur le pot de yaourt) soumet radicalement le principe d’établissement de la valeur du bien acheté (l’information) à celui qui établit la valeur du bien auquel est attaché son paiement (le pot de yaourt). On arrive donc à ce que le prix de l’information est réellement indexé sur celui des produits de grande consommation, qui ont le plus massivement recours à la publicité.
Celui qui parviendra à vendre au meilleur prix l’information qu’il a à vendre sera donc, au bout du compte, celui qui aura vendu le plus de pots de yaourts ! La logique de ce modèle est donc bien de pousser le NYT en ligne - comme Agoravox ! - à vendre du yaourt, pour obtenir le paiement de leur propre produit, puisque ce paiement est "lié" à celui du yaourt.
Cette logique est perverse. Elle tend à effacer la valeur propre du produit que constitue l’information. Elle pousse les producteurs d’information à se plier à la logique de markéting des produits de consommation de masse, indépendamment de la logique markéting propre à leur produit.
Si elle n’est pas régulée, contrecarrée, par un contre-poids qui reste à inventer et mettre en place, cette logique économique du modèle proposé pour vendre l’information mène directement les producteurs d’information à s’orienter vers ce que l’on pourrait appeler "le markéting rédactionnel": sélectionner et hiéarchiser l’information que l’on vend à ses consommateurs, non plus en fonction de ce qui fait la valeur propre d’une information (sa crédibilité et son importance, sa véracité, sa nouveauté, ses conséquences, etc.), mais en fonction de l’audience qu’elle est susceptible d’obtenir auprès des consommateurs potentiels de yaourts, car c’est la clé pour obtenir de la publicité pour les yaourts, qui est elle-même la clé pour obtenir le paiement de l’information que l’on avait à vendre...
J’ai bien peur que celui qui a tout à tirer de ce modèle c’est le vendeur de yaourts. Le vendeur d’information en revanche a toutes les raisons de ne pas y retrouver son compte, puisqu’il perd totalement la maîtrise de la commercialisation de son bien et de l’établissement de son prix. Pire même, il se trouve contraint à soumettre cette commercialisation à une logique économique qui peut lui être contraire.
Et le consommateur final dans tout cela ? Mais qui se soucie encore du consommateur ?"
Tout y est dit. Merci Narvic !
Mais le problème reste entier et l'histoire du Net me semble malgré tout aller vers toujours plus de cette pseudo-gratuité!
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
le billet récent sur le NYT gratuit remet sur la table toute la problématique (quasi-éternelle dans les médias...) de la fausse gratuité liée au sponsoring publicitaire. Narvic l'a résumée de manière excellente et très détaillée dans un très long commentaire à mon billet
Comme je le fais régulièrement pour ce genre de commentaires très riches et ayant demandé un gros boulot, je republie ce commentaire en tant que billet:
- par respect pour le travail du commentateur
- pour que ceux qui passent pas leur journée à revenir voir les commentaires des anciens billetsde Media & Tech aient l'opportunité d'en profiter.
Voici donc le commentaire de Narvic sur la (pseudo-)gratuité et ses conséquences:
"Vos remarques sont intéressantes, notamment votre approche selon laquelle l’abandon de l’accès payant par abonnement au fonds d’archives du NYT peut se révéler à terme - presque paradoxalement - une source de revenu réelle, en améliorant la visibilité du site sur la première page de recherches Google, ce qui pourrait permettre d’accroître ses ressources publicitaires...
Mais, s’il vous plait, cessez de dire qu’il s’agit là d’un accès "gratuit"... Il n’y a pas plus de gratuité dans ce "modèle", qu’il n’y en a dans celui des journaux papiers abusivement qualifiés de "gratuits".
Ces "modèles" sont financés par la publicité et la publicité est tout sauf gratuite ! La publicité est payante, et au bout de la chaîne qui constitue son "modèle" spécifique, ce sont les consommateurs qui la payent: les consommateurs du NYT en ligne, comme ceux d’Agoravox d’ailleurs, payent cette apparente gratuité par un surcoût (minime et donc presque invisible) sur le prix de leur pot de yaourt.
C’est d’ailleurs tout le "génie" de ce modèle de parvenir à collecter des milliards d’euros et de dollars de revenu auprès des consommateurs de manière indolore, et quasi invisible, en s’offrant "le luxe" de développer un discours totalement abusif, à la limite du mensonger, sur le thème de la gratuité.
Les conséquences de ce mode de fonctionnement sont pourtant nombreuses et importantes, et continuer à parler de "gratuité" dans ce cas contribue très largement - très opportunément ? - à les occulter.
Le "décrochage" entre l’acte d’achat (c’est à dire la lecture du NYT en ligne, ou d’Agoravox, ou de 20 Minutes sur papier, etc.) et son paiement réel (le petit surcoût sur le pot de yaourt) soumet radicalement le principe d’établissement de la valeur du bien acheté (l’information) à celui qui établit la valeur du bien auquel est attaché son paiement (le pot de yaourt). On arrive donc à ce que le prix de l’information est réellement indexé sur celui des produits de grande consommation, qui ont le plus massivement recours à la publicité.
Celui qui parviendra à vendre au meilleur prix l’information qu’il a à vendre sera donc, au bout du compte, celui qui aura vendu le plus de pots de yaourts ! La logique de ce modèle est donc bien de pousser le NYT en ligne - comme Agoravox ! - à vendre du yaourt, pour obtenir le paiement de leur propre produit, puisque ce paiement est "lié" à celui du yaourt.
Cette logique est perverse. Elle tend à effacer la valeur propre du produit que constitue l’information. Elle pousse les producteurs d’information à se plier à la logique de markéting des produits de consommation de masse, indépendamment de la logique markéting propre à leur produit.
Si elle n’est pas régulée, contrecarrée, par un contre-poids qui reste à inventer et mettre en place, cette logique économique du modèle proposé pour vendre l’information mène directement les producteurs d’information à s’orienter vers ce que l’on pourrait appeler "le markéting rédactionnel": sélectionner et hiéarchiser l’information que l’on vend à ses consommateurs, non plus en fonction de ce qui fait la valeur propre d’une information (sa crédibilité et son importance, sa véracité, sa nouveauté, ses conséquences, etc.), mais en fonction de l’audience qu’elle est susceptible d’obtenir auprès des consommateurs potentiels de yaourts, car c’est la clé pour obtenir de la publicité pour les yaourts, qui est elle-même la clé pour obtenir le paiement de l’information que l’on avait à vendre...
J’ai bien peur que celui qui a tout à tirer de ce modèle c’est le vendeur de yaourts. Le vendeur d’information en revanche a toutes les raisons de ne pas y retrouver son compte, puisqu’il perd totalement la maîtrise de la commercialisation de son bien et de l’établissement de son prix. Pire même, il se trouve contraint à soumettre cette commercialisation à une logique économique qui peut lui être contraire.
Et le consommateur final dans tout cela ? Mais qui se soucie encore du consommateur ?"
Tout y est dit. Merci Narvic !
Mais le problème reste entier et l'histoire du Net me semble malgré tout aller vers toujours plus de cette pseudo-gratuité!
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
samedi, juillet 07, 2007
Commentaire du jour [18] - Dominique sur la gratuité chez Google
[Commentaire du jour sur Media & Tech: quoi et pourquoi - Les autres commentaires du jour]
A propos de la "destruction créatrice" de Google (appliquée à UGC et blogosphère ou pas), Dominique a d'autres arguments complémentaires:
"je n'y vois reproduit que la tactique des effets de réseaux omniprésente dans l'économie numérique.
Google est à ce titre un emblème de la gratuité. La gratuité crée les marchés et recrute les abonnés (vous êtes membre à titre gratuit, mais membre..) en misant sur le fait que l'utilité s'intalle et que les coûts de sortie (en cas d'un excès de publicité par exemple, ce que Google gère finement) pour l'abonné soient toujours élevés.
C'est de l'addiction. Après GOOG peut toujours devenir le MS d'hier, on ne fait pas trop attention à la volonté d'organiser l'information universelle et particulière de grand frère GOOG, la seule entreprise gentille au monde, ses produits sont si réussis.
(note qu'il n'y a aucune animosité envers Google, mais il faut reconnaître que nous en sommes là ou bien être aveugle.)"
A méditer !....
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
A propos de la "destruction créatrice" de Google (appliquée à UGC et blogosphère ou pas), Dominique a d'autres arguments complémentaires:
"je n'y vois reproduit que la tactique des effets de réseaux omniprésente dans l'économie numérique.
Google est à ce titre un emblème de la gratuité. La gratuité crée les marchés et recrute les abonnés (vous êtes membre à titre gratuit, mais membre..) en misant sur le fait que l'utilité s'intalle et que les coûts de sortie (en cas d'un excès de publicité par exemple, ce que Google gère finement) pour l'abonné soient toujours élevés.
C'est de l'addiction. Après GOOG peut toujours devenir le MS d'hier, on ne fait pas trop attention à la volonté d'organiser l'information universelle et particulière de grand frère GOOG, la seule entreprise gentille au monde, ses produits sont si réussis.
(note qu'il n'y a aucune animosité envers Google, mais il faut reconnaître que nous en sommes là ou bien être aveugle.)"
A méditer !....
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
mercredi, juillet 04, 2007
Feedburner 100% gratuit = Google en pleine "destruction créatrice"!
Feedburner devient maintenant totalement gratuit: il n'y a plus de version PRO payante supérieure à la version d'entrée de gamme que j'utilise depuis le début de Media & Tech et dont je suis un grand fan.
Je vais donc faire partie des 450'000 utilisateurs de Feedburner qui vont pouvoir basculer vers l'accès complet aux statistiques autour de feed RSS (nombre de personnes ayant effectivement vu/lu l'article dans le feed et analyse des clics depuis le feed vers le blog en particulier).
C'est une conséquence habituelle d'une acquisition par Google : la bascule vers la gratuité a ainsi déjà eu lieu pour Analytics (Urchin), Picasa, Sketchup, Blogger, Earth (ex-Keyhole). La nouvelle filiale de Google acquise pour 100 millions subit le même sort que les précédentes.
On pourrait se demander pourquoi cette gratuité généralisée ?
Ma réponse personnelle: Google a fait 99% de ses 10 milliards de chiffre d'affaires 2006 via la publicité Internet. Il a donc tout intérêt à maximiser l'efficacité de cette publicité Internet (Analytics) pour faire que les annonceurs utilisent toujours plus ce canal publicitaire qui explose. De la même manière pour les autres outils ci-dessus devenus gratuits: ils servent à maximiser les espaces "éditoriaux" destinés à accueillir cette publicité nouvelle.
Google sacrifie donc les dollars potentiels du paiement de ces services "annexes" contre une maximisation (potentielle) des revenus de son "core business": la publicité, stratégique aussi selon Microsoft dans l'époque Web 2.0.
C'est donc la fameuse "destruction créatrice" de l'économiste Joseph Schumpeter (déjà évoquée pour Skype et Craiglist) en pleine action sous les feux de la rampe!
Si vous avez une autre explication, je prends!
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
Je vais donc faire partie des 450'000 utilisateurs de Feedburner qui vont pouvoir basculer vers l'accès complet aux statistiques autour de feed RSS (nombre de personnes ayant effectivement vu/lu l'article dans le feed et analyse des clics depuis le feed vers le blog en particulier).
C'est une conséquence habituelle d'une acquisition par Google : la bascule vers la gratuité a ainsi déjà eu lieu pour Analytics (Urchin), Picasa, Sketchup, Blogger, Earth (ex-Keyhole). La nouvelle filiale de Google acquise pour 100 millions subit le même sort que les précédentes.
On pourrait se demander pourquoi cette gratuité généralisée ?
Ma réponse personnelle: Google a fait 99% de ses 10 milliards de chiffre d'affaires 2006 via la publicité Internet. Il a donc tout intérêt à maximiser l'efficacité de cette publicité Internet (Analytics) pour faire que les annonceurs utilisent toujours plus ce canal publicitaire qui explose. De la même manière pour les autres outils ci-dessus devenus gratuits: ils servent à maximiser les espaces "éditoriaux" destinés à accueillir cette publicité nouvelle.
Google sacrifie donc les dollars potentiels du paiement de ces services "annexes" contre une maximisation (potentielle) des revenus de son "core business": la publicité, stratégique aussi selon Microsoft dans l'époque Web 2.0.
C'est donc la fameuse "destruction créatrice" de l'économiste Joseph Schumpeter (déjà évoquée pour Skype et Craiglist) en pleine action sous les feux de la rampe!
Si vous avez une autre explication, je prends!
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
Inscription à :
Articles (Atom)