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jeudi, septembre 20, 2007

New-York TImes gratuit: l'économie de la sérendipité naît à travers les moteurs!

Le New-York Time (NYT) a annoncé que l'intégralité de son site web ( moins quelques babioles comme leurs illustres mots croisés) devenait 100% gratuit: pour moi qui traîne ma bosse dans les médias depuis 15 ans et dans l'Internet depuis 12, c'est un vrai signe (très) fort!

Pourquoi? Parce que depuis tout ce temps, le NYT et le Wall Street Journal (WSJ) sont les 2 icônes que l'on brandit chaque fois que l'on parle de l'Internet payant: ce sont les 2 seuls qui arrivent, selon les termes habituels de ceux qui en parlent (comptent-ils vraiment tous les frais)...) à avoir une activité en ligne rentable

Eh bien, avec cette annonce, le glas du contenu rédactionnel payant sur Internet semble sonner! A quand le WSJ gratuit lui aussi?

le NYT a fait ses calculs: il se trouvera mieux financièrement en valorisant ses services et son contenu de manière indirecte et intégralement via la publicité par un afflux de visiteurs amenés par les moteurs (qui vont indexer les millions de pages libérées par l'ouverture) plutôt qu'en essayant d'avoir des revenus directs via abonnements.

Selon Wikipedia, la sérendipité, c'est "la caractéristique d'une démarche qui consiste à trouver quelque chose d'intéressant de façon imprévue, en cherchant autre chose, voire rien de particulier. Cette approche est issue d'une démarche heuristique."

J'exagère légèrement dans mon titre par rapport à la définition en disant que ce nouveau modèle économique du NYT est "sérendipiteux": les gens qui sont sur un moteur cherchent quelque chose (donc pas "rien de particulier" selon la définition). Ils ns savent juste pas où le trouver donc ils passent en grande majorité par Google, documentaliste universel (par la taille de son index et la vitesse à laquelle il le met à jour) .

Et c'est donc ensuite, par le côté "fortuit" (donc "sérépenditeux") de la définition ci-dessus que les visiteurs (500 millions par mois) de Google peuvent se retrouver sur le site NYT plutôt

En fait, le NYT a tout fait pour que cela soit le moins fortuit possible: il a en son temps acheté About.com, un moteur de recherche, visiblement surtout les compétences de son équipe de développement, pour remodeler son site de manière optimale (déjà +87% atteints par cette équi entre Juillet 2005 et Juillet 2006 sur le contenu actuellement "ouvert") en termes de "Search Engine Optimization" (SEO) afin que les millions de pages (20 ans d'archives!) qui vont être ainsi libérées fassent leur chemin au plus vite vers le haut des pages de résultats de Google. C'est capital dans ce nouveau business model du NYT! (voir cet ancien billet si vous n'êtes pas convaincu).

Le calcul est le suivant: avec ses abonnés 471'000 abonnés combinés (papier + internet) + 227'000 abonnés "online solo", NYT fait environ 10 millions de dollars par an via ces abonnements. Sur mon blog, le coût par mille pages (CPM) chez Google est de 1.3 dollars. Donc pour faire 10 millions de dollars à ce tarif-là (le CPM NYT est sûrement plus haut) , le NYT doit montrer 7.7 milliards de pages par an (21 millions par jour) . Ce n'est sûrement pas hors d'atteinte! (pour comparaison, Google + Youtube fait 100 + 20 milliards chaque mois)

En effet, en Avril 2005, le site faisait déjà 18.5 millions par jour. Donc, il leur faut au maximum doubler leur fréquentation actuelle pour retomber sur leurs pieds. Ce n'est vraiment pas inatteignable vu la d'audience planétaire maintenant "utilisable" (voir ci-dessous) par NYT et vu la taille du contenu libéré (cf plus haut)

Mais, sur le fond, cela reste pour moi un énorme bouleversement du business model:
  • Le modèle historique des journaux est bien décrit par Emanuel: un cercle identifié et connu de lecteurs desquels on essaie d'arracher un revenu direct maximum (en plus de la publicité) basé sur une fréquentation très récurrente du service
  • cette bascule du NYT, c'est le modèle inverse : la planète (ou presque: vu la croissance de population internaute....) comme audience potentielle mais anonyme. Et l'agrégation d'infimes revenus à travers chaque interaction comme générateur d'un revenu supérieur à l'ancien modèle.
[Note: Ce modèle comme celui de l'agrégation dans le web 2.0 n'est pas valide pour tout le monde: il faut pouvoir se trouver en très bonne position (à travers de multiples liens favorisant le PageRank) dans les réponses organiques des moteurs pour un spectre large d'interrogations. If faut donc un contenu énorme et de renommée afin qu'il soit fortement lié par d'autres sites]

Ce nouveau modèle est risqué bien sûr: j'ai écrit il y a peu que les seuls revenus indirects étaient un modèle d'affaires malsain. Certes, la publicité (en ligne) est le futur du Web 2.0, selon Ray Ozzie de Microsoft et sa croissance actuelle est explosive. Mais, au prochain retournement économique (il arrive - comme tous prédécesseurs - seule question quand? Peut-être proche: cf. les USA actuellement) toujours violent pour la pub(cf 2001) , le NYT online tiendra-t-il le choc?

En échange, le potentiel est énorme: la population internaute croît (vite) et ce n'est finalement plus qu'elle à travers son activité toujours croissante qui définit la limite ultime des revenus de ce modèle pour un site anglophone, de renommée mondiale et de qualité très supérieure comme NYT. [L'efficacité commerciale de NYT ne limite plus: seule la qualité rédactionnelle et technologique (SEO) définissent le résultat]

Donc, c'est un gros pari! Même s'il y a des économies immédiates: toute la mécanique commerciale pour gérer ses abonnements devient inutile... (La promotion marketing doit elle perdurer).

Mais, il me paraît juste dans la position du NYT de tenter le coupà ce moment où certains budgets publicitaires actuellement fortement réalloués vers le online ne trouvent pas preneurs faute d'espaces (de qualité) disponibles. (D'ailleurs, en parallèle à presse, la musique s'y prépare et la TV "prend la température" aussi)

Des bascules commes celle du NYT vont "ouvrir les vannes" aux annonceurs même si l'anonymité va faire baisser le ciblage donc le CPM!

De plus, je pense que l'on commence à quitter actuellrment les médias électroniques (divers: publication en ligne, TV, radio,etc) pour aller vers Le Média (unique - de convergence - posé sur Internet) piloter par le modèle publicitaire pur. Ceux des médias traditionnels qui s'immergent dans le nouveau monde à 100% au plus tôt sont sûrement ceux que l'on retrouvera après "la vague"...

Je vais suivre avec grand intérêt! Et vous?

(-> Pierre: j'avais aussi envie de répondre)

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

lundi, juin 11, 2007

Youtube va diffuser en Juin sur les télés de nos salons

La technologie Flash utilisée par Youtube jusqu'à présent est analysée comme l'une des raisons du succès (avec le streaming qu'elle permet) de Youtube: elle est présente sur 98% des PCs car elle arrive le plus souvent préinstallée sur le PC ou avec le navigateur.

Cela garantit que tout le monde peut visualiser le contenu sans peine. D'où le succès de trafic (100+ millions de visualisations par jour) qui a conduit au rachat par Google.

La monétisation du contenu Youtube a débuté mais elle n'atteindra jamais les "grandes largeurs" si ce contenu ne parvient pas à l'écran vidéo favori de "l'humain standard": le poste de télévision de nos salons.

En effet, le relais de croissance de Google est le marché des médias traditionnels: les recettes publicitaires de la télévision dominent sur tous les marchés en particulier aux USA.

Il est donc normal que Google/Youtube fasse les efforts de qualité nécessaires à la diffusion sur ce média. Ils ré-encodent actuellement toutes les vidéos antérieurement chargées (et précieusement stockées....) tous les jours sur Youtube en qualité H.264 (pour les néophytes, c'est la technologie utilisée pour la haute définition en particulier sur les nouveaux DVD BluRay ou HD). Steve Jobs d'Apple a confirmé qu'il s'agissait d'une collaboration officielle Apple-Google (utilisable dès juin)

Les premiers plugins Youtube (dans sa qualité Flash actuelle) sur les "boxes" tels Apple TV et bientôt sûrement sur nos "boxes" européennes AOLBox, Freebox, etc... sont des initiatives "pionnières" / gadgets qui ouvrent la voie aux passionnés. Mais, elles ne passent pas la rampe pour le marché de masse.

C'est donc un mouvement préparatoire normal que Google/Youtube exécute sur ce marché. Il est aussi sûrement dicté par l'arrivée de Joost qui est lui directement parti en haute qualité!

J'ai toujours pensé que la télévision interactive et personnalisée ne viendrait pas par le câble piloté (et contrôlé par nos opérateurs qui tentent de freiner les évolutions trop "anarchiques" ) mais par un système beaucoup plus ouvert et dynamique comme l'Internet. Il faut juste avoir le chaînon manquant pour lier l'un à l'autre: c'est l'ADSL et la box que l'on met au bout!

La stratégie Triple Play actuelle de tous les opérateurs télécoms qui ont peu d'acquis à préserver dans la TV va booster ce phénomène de la TV 2.0 à partir de maintenant! Et tant pis si les opérateurs de diffusion tv traditionnels souffrent....

(Il faudra - à mon humble avis - quand même 3-5 ans pour qu'elle émerge, cette TV 2.0!)

Source:
blog Media & Tech (par didier durand)

samedi, mai 19, 2007

[Lu ailleurs]: Google Universal Search = "Edouard Leclerc de l'information`" ?

Des tonnes de notes sur Google Universal Search.

Il y en a une qui me plaît particulièrement, c'est celle d'Olivier Ertzscheid car elle prend le contrepied de l'engouement général pour ce lancement.

J'aime surtout la métaphore de la conclusion de sa note "Recherche universelle, dérive des continents et "supermarchandisation" de l'information" (à lire absolument !): "...pour utiliser une comparaison un peu facile (mais il est tard), Google Universal Search c'est un peu l'Edouard Leclerc de la recherche d'information. Je m'explique et file la métaphore : plutôt que d'aller acheter votre viande chez le boucher, vos légumes chez le maraîcher, vos fruits chez le primeur d'a côté et votre Libé du jour à la presse d'en bas, et ben vous allez au supermarché. C'est pratique, y'a de tout, et vu le volume de ventes et des stocks, c'est moins cher..."

Olivier conclut ensuite que la stratégie d'intégration intégrée lancée ici, contraire à l'idée de "diagonalisation de la recherche" que l'on voyait apparaître depuis 2 ans avec les OneBox n'a qu'un but: la monétisation maximum! Le cap des 10 milliards de CA annuel n'est qu'une étape: à travers Universal Search, il faut monétiser les formes de contenu moins accédées jusqu'à présent.

Là, on est 100% d'accord: Google veut encore augmenter son hégémonie publicitaire actuelle. Et cela, même si j'ai encore parfois la candide faiblesse de croire que c'est pour mieux réaliser son altruiste mission "Google a pour mission d'organiser à l'échelle mondiale les informations dans le but de les rendre accessibles et utiles à tous" (dans les 300 ans impartis par Erich Schmidt) que Google se permet de "bourrer chaque cm2 accessible - virtuel ou physique - de publicité"

PS: A choix, vous pouvez prendre le paragraphe ci-dessus au 1er ou 2ème degré: mon humeur personnelle fluctue régulièrement sur le sujet!

Source: blog Media & Tech (par didier durand)