vendredi, mai 04, 2007
Youtube tient sa promesse: partage (limité) des rémunérations
Guillaume nous annonce que c'est maintenant concret et détaille le lancement de ce programme de rémunération des meilleurs créateurs. Il évoque ses limitations actuelles:
"Il s'agira seulement au mieux d'une quarantaine de créateurs, les plus populaires sur YouTube : LisaNova, renetto, HappySlip, smosh, and valsartdiary, ... "Parce qu'ils ont bâti et entretenu une audience importante et continue à travers la création de vidéos captivantes, leurs contenus sont devenus attractifs pour les publicitaires", explique YouTube. Chaque créateur appelé à participer au programme pourra choisir les vidéos à côté desquelles seront présentées des publicités, qui ne seront donc pas incrustées au coeur des vidéos. Ils recevront alors une partie des revenus générés, dont la part et le montant attendu n'ont pas été dévoilés par Google."
Concernant le fait que la part des revenus restituée n'est pas connue, ce n'est qu'une affaire de jours / semaines: tout se sait très vite dans la transparence totale de la blogosphère.
Dès que quelqu'un apprend ce pourcentage, merci de nous poster un commentaire: je republierai (avec attribution, of course...). La ligne logique serait de perpétrer les 80% de Google AdSense....
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
mercredi, mai 02, 2007
UGC et Web 2.0: le jeu du plus fort...
En effet, une "émeute virtuelle" s'est produite via la blogosphère (= tsunami de billets enflammés, commentaires incendiaires, etc...) quand la société a décidé de retirer du site un article fournissant une clef de décryptage des DVDs HD après une demande de retrait. Le laisser trôner en 1ère page longtemps était une incitation au piratage....
Finalement, sous la pression de ses utilisateurs-contributeurs, Digg a fait machine arrière et remis ce lien en ligne avec la conclusion: (traduction de Ouriel):
"Nous vous entendons, et séance tenante nous n’effacerons plus de liens ou de commentaires contenant le code et nous ferons face aux conséquences quelles qu’elles soient.
Si nous perdons, eh bien tant pis, au moins nous mourrons en essayant."
J'ai souvent parlé de la puissance de la blogosphère au début de ce blog: voir ces billets (1), (2) , (3) & (4) sur Google, Kryptonite, Los Alamos, etc...Elle vient encore de "parler"!Cette affaire remet à nouveau sur la table le modèle économique du Web 2.0 et de l'UGC qui a déjà son noeud gordien publicitaire.
En effet, le contenu généré par les utilisateurs est parfois (souvent ?) contradictoire avec les intérêts économiques et obligations légales d'une société standard (cf aussi Youtube et les droits d'auteurs). Et pourtant, seuls ceux qui jouent le jeu de l'agrégation de micro-contributions peuvent triompher dans le web 2.0...
Donc, rien n'est encore joué! On pourrait bien voir des icônes actuelles du web 2.0 chuter.
En effet, quand les acteurs historiques feront activement entrer en action leurs bataillons d'avocats contre ces nouveaux trublions (les Youtube, Digg, etc...) des marchés établis, les sociétés en question devront sûrement dans certains cas rentrer dans le rang!
Alors, leur communauté les désertera et comme c'est elle qui apporte la valeur ajoutée (i.e fait une bonne partie du boulot...) , la fin sera proche!
C'est sûrement ce qui explique "le suicide volontaire de Digg" proposé ci-dessus par ces fondateurs: autant risquer de mourir vite en essayant de rester honnête face à sa communauté plutôt que de mourir à petit feu en perdant sa confiance!
Le résultat du futur procès sur Youtube à 1 milliard de dollars entre Google - Viacom sera à ce titre déterminant: il sera une sorte de premier "pronostic vital" du web 2.0!
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
mardi, mai 01, 2007
Yahoo acquiert Right Media: les conséquences de Googleclick
le deal Googleclick a clairement fait monter la valeur des petites sociétés alternatives restant comme proies pour ceux qui comme Microsoft pensent devoir massivement investir le domaine de la publicité en ligne en y faisant des acquisitions.
L'acquisition de Right Media par Yahoo le prouve:
- Yahoo avait acquis 20% de la société pour 45 millions dans un deal annoncé en Octobre 2006
- elle vient d'acquérir les 80% restants pour 680 millions (50% actions - 50% cash)
- la valeur de la société semble donc avoir presque quadruplé en quelques mois. Merci Doubleclick!
Paradoxalement, cependant, le multiple de chiffres d'affaires reste plus faible que dans le cas Doubleclick: c'était 20 fois le CA pour Doubleclick. Pour Right Media, ce n'est 12 fois puisque son CA est estimé à 70 millions de dollars (gestion de la publicité d'environ 1'000 sites) .
La Longue Traîne des annonceurs de Yahoo était déjà largement dotée: elle en comprenait déjà 200'000 en mai 2006. Right Media n'apporte "que" 20'000 annonceurs de plus... En tout cas, on peut s'attendre à une intégration de la technologie Right dans le Panama de Yahoo.
En tout cas, on parlait de 84 alternatives à AdSense il y a seulement quelques semaines, il n'en reste maintenant que 82!
Steve Ballmer va devoir se dépêcher pour effacer son regret n°1 via une acquisition "sérieuse": les mariés "attirantes" disparaissent à vitesse grand V!
Mon pronostic:
- la consolidation de ce marché de régie publicitaire va avancer très vite dans les mois qui viennent: les mastodontes vont continuer à acheter les parts de marché au prix fort en espérant se repayer sur la croissance de ce marché pour les prochaines années.
- La "guerre de(s) trois" sur ce secteur aura lieu comme elle a (eu) lieu sur le domaine de la technologie / puissance des moteurs de recherche
- on débouchera ensuite sur un marché stabilisé aux territoires bien délimités avec peu d'acteurs où la taille de chacun sera essentiel.
La fragmentation n'est pas de mise sur Internet: "the Winner takes all" est la règle. Les cas sont multiples: Ebay, Amazon, Google, Yahoo, Myspace, Youtube sont chacun les leaders de leurs domaines.
Un leader massif va donc émerger!
La question qui reste: dans cette consolidation, quelqu'un arrivera-t-il à mettre à mal l'hégémonie actuelle de Google sur ce domaine?
lundi, avril 30, 2007
S Ballmer: plus de chaise lancée contre Google mais des regrets....
En effet, dans une interview transcrite sur USA Today, il dit "“Really understanding the power of advertising as an Internet business model we came to later than I wish we had. That’s the No. 1 thing I regret. We underinvested in some opportunities for a while.”
Ce regret premier de S. Ballmer est très réel et fondé:
- Les chiffres d'affaires de Microsoft en termes de publicité progressent beaucoup plus lentement que le reste de Microsoft: +23% au T1 2007 contre +32% pour tout Microsoft (avec un déficit opérationnel de 200 millions de dollars...) . Le total de ces revenus publicitaires au T1 est de 456 millions contre 14.4 milliards pour l'ensemble de Microsoft: le 99% publicitaire de Google est hors d'atteinte pour encore très longtemps!
- avec ses 1.5 - 2 milliards annuels, Microsoft n'atteint clairement pas la taille critique face aux 10 milliards annuels de Google. Il est très loin de menacer son hégémonie.
- Globalement, Microsoft croît moins vite que l'ensemble du marché publicitaire en ligne
Même si Microsoft est un habitué historique des "late combacks", là on part de vraiment loin....
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
La minute narcissique: classements Wikio et 20 Minutes
- Media & Tech est à ce moment selon le nouveau classement Wikio 57ème blog high-tech francophone. Il est également 123ème au classement francophone global où les blogs politiques ont actuellement le vent en poupe (et pourquoi donc?...) Pour la méthode de ce classement, Pierre Chappaz donne tous les détails.
- il fait également partie du Top 50 Tech & Media du journal 20 Minutes
Fin de la minute narcissique. Une fois de temps en temps, on a le droit, non?
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
vendredi, avril 20, 2007
[Fun] Vraiment de tout sur Google Maps: des toilettes ? Un fer à cheval géant?...
A cette adresse sur Google Maps, vous trouverez ceci pas loin d'Orlando en Floride

Alors, c'est quoi? Un fer à cheval géant ? une méga-cuvette WC? autre?...
Il y a un commentaire plein d'humour sur Digg: quelqu'un écrit "c'est donc cela que vous, américains appelez "Super Bowl"! (Voir Google Images avec "toilet bowl" pour une explication en images...)
[Via Digg]
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
mercredi, avril 18, 2007
Amazon S3: 5 milliards d'objets stockés!
C'est un cap important pour moi: ce volume montre que ce concept de stockage virtualisé a une bonne "traction" auprès des nouveaux acteurs de l'Internet.
En effet, S3 comme EC2, son jumeau pour le traitement, préfigurent pour moi l'avenir de l'innovation numérique (l'Internet 2.0): un ensemble de très petites sociétés qui gèrent cependant des services très verticaux d'envergure internationale via mondiale.
Tout ce petit monde "se mashe parmi" à travers l'Internet pour construire des applications combinant les services et données de chacun. (cf. mon billet Linternux de l'époque)
Pour atteindre l'efficacité des coûts qui permettent à ces micro-entités de vivre, des géants fournisseurs de plate-forme comme Amazon "s'occuperont de la quincaillerie" et fourniront des infrastructures facturées à la consommation ("pay-by-the-drink"). Ils pourront ainsi réduire les besoins en capitaux des startups et leur permettre d'économiser une bonne partie des 70% du coût total d'un service web représentés par ces infrastructures.
Aujourd'hui, cette mutualisation se fait en interne de structures plus grandes comme Google (450'000 serveurs...) qui doivent ajouter de multiples services dans un même entité pour atteindre les effets d'échelle qui rendent compétitifs.
Donc, c'est cette "lnfrastructure as a Service" qui permettra à ces nouvelles (micro-)sociétés de l'ère du "Software as Service (SaaS)" (la stratégie officielle de Microsoft ) de se battre à arme égales avec les géants dans une époque où l'excellence opérationnelle autour de l'infratructure sera clé selon Eric Schmidt, le boss de Google!
PS: dans le billet que je cite au début, Jeff Bezos, le ceo d'Amazon, complète en disant:
- que ces services SQS, EC2, S3 et Mechanical Turk ("l'intelligence artificielle artificielle" - la répétition est volontaire...) ne sont pas encore bénéficiaires
- que c'est en partie à cause du succès car il faut investir à toute vitesse pour suivre la demande.
Avec Clear Channel, Google concrétise l'acquisition de DMarc
Il s'agit de vendre de la publicité pour ses stations de radio en étendant la plate-forme AdSense, générateur actuel de 99% des revenus de Google.
C'est la concrétisation (qui tardait à venir...) de l'acquisition de DMarc (la troisième en prix après DoubleClick et Youtube).
Cet accord a les termes suivants:
- valide pour plusieurs années
- concerne moins de 5% de l'inventaire Clear Channel soit quelques dizaines de milliers par semaine (Clear Channel, c'est, avec 1'200 stations, 9% des stations américaines et 18% des revenus de cette industrie - les revenus de cette industrie aux USA sont estimés à 21.5 milliards de dollars selon cet ancien billet)
- les annonceurs pourront choisir la zone géographique, la cible / le type de radio mais pas la station précise
- possibilité d'enchères pour un spot ou alors achat direct (à prix élevé - comme l'achat immédiat sur Ebay)
- Pour Clear Channel, "Google Adsense for Radio" , c'est le nom officiel vient compléter sa force de vente de 5'200 vendeurs.
Après le démarrage de la régie publicitaire TV et même le flop dans presse /magazines , Google met en place les relais de croissance évoqués il y a longtemps et dont il a besoin pour rester au top de Wall Street.
En tout cas, tous ces deals cross-média vont donner de l'eau au moulin de Microsoft quand il plaide contre la position dominante / monopoliste de Google...
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
mardi, avril 17, 2007
La transaction Googleclick fait remonter les challengers
Donc, bonne opération!
Mais, puisque l'un des buts était de couper l'herbe sous le pied à Microsoft, cette transaction a un impact immédiat sur les challengers de l'ex-Doubleclick: en tant que "proie substitutive", leur valeur monte!
PaidContent note ainsi que:
- aQuantive monté heir de 12.2 pourcents
- Real Media de 10.6 percent
- ValueClick
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
Commentaire du jour [13] - La Bourse paie Googleclick: pas assez précis...
Netcircus - très "sybillin" sur son identité - m'a (gentiment) repris sur mon raccourci de langage "la Bourse va payer Googleclick". Il dit
".... juste une précision : quand la valeur de l'entreprise dépasse dans la journée à la bourse, le montant de l'acquisition, ça veut simplement dire que le marché apprécie l'acquisition et estime que les synergies dégagées dépasseront la valeur de la cible, mais ça ne veut pas dire que la bourse paie l'acquisition, puisque l'appréciation du titre en bourse n'est pas censée avoir d'impact sur les comptes de l'entreprise (sauf en cas d'augmentation de capital ce qui ne semble pas être le cas). C'est juste pour atténuer les phantasmes sur la bourse..."
Il a raison.
L'analogie que j'ai dans la tête pour ce genre de situation est: si je mets 10'000 euros de travaux dans ma maison et qu'elle vaut effectivement au moins 10'000 euros de plus ensuite alors le marché de l'immobilier "paie" mes travaux. En fait, je devrais dire "paiera": en effet , je ne retrouverai ces 10'000 euros que si je vends ma maison. Avant, c'est de la valeur créé sur ma maison. Cette valeur reste "virtuelle" dans mon portefeuille jusqu'à la revente!
Idem pour Googleclick: ceux qui profiteront de la création de valeur sont les actionnaires (i.e. les propriétaires) qui revendront en tirant profit à hauteur de leur participation dans cette création de valeur. Dans les comptes d'opération de la société, il y a bien 3 milliards de dollars en moins!
PS: la Bourse de New-York a quasiment "repayé" (je vais garder mon raccourci....) Googleclick dans la journée d'hier en appréciant le titre GOOG de 1.71% soit +.2.5 milliards de dollars en 1 séance!
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
lundi, avril 16, 2007
Googleclick: premiers constats
Henri et Techcrunch ont été parmi les tous premiers à livrer l'info "brute de décoffrage".
Regardons un peu ce que cette transaction nous dit:
- Doubleclick a été racheté 20 fois son chiffre d'affaires 2006 estimé à 150 millions de dollars pour 2006 (selon Business Week). On doit dire "estimé" puisque Doubleclick est entre les mains du fond d'investissement Hellman & Friedman donc n'a pas d'obligation de publication de chiffres. Ce fond avait fait l'acquisition il y a 21 mois pour 1.1 milliard de dollars . Belle sortie! C'est à ce jour la plus grosse acquisition de Google après les 1.65 milliards de Youtube et les 1.1 milliards de Dmarc.
- cette transaction 100% en cash va quand même écorner le "trésor de guerre" de Google: il était de 11.6 milliards en banque à fin 2006. Elle va donc en consommer pas loin de. Gageons quand même que les prochains résultats du T1 2007 de Google devrait recombler tout cela... Et puis, il faudra regarder dans les jours qui viennent la bourse: c'est peut-être elle qui va financer directement Doubleclick comme elle a financé Youtube après son acquisition.
- La publicité bannière (spécialité de Doubleclick) semble ainsi revenir en force et en grâce! Google est très fort dans les "petites boîtes" du "search advertising" n'a pas de grande force jusqu'à présent dans le "display advertising" (bannières + vidéos) alors que c'est la caractéristique de Doubleclick. Ce marché selon Emarketer est supposé grandir de 3.34 à 4.5 milliards de dollars annuels d'ici à 2010!
- Google s'est aussi acheté ainsi un portefeuille de clients (agences de publicité) et partenaires (éditeurs de sites) qui vient compléter le sien. Doubleclick est en relation avec tous les sites et agences leaders. Donc, si il en manquait à Google avant, c'est maintenant complet! Note: cela va sûrement compliquer la relation Google - éditeurs déjà pas simple sur des sujets comme Google News, Google Books. Ils dépendaient déjà de lui pour le trafic. Maintenant ce sera aussi le cas pour les revenus...
- .... à moins que ce ne soit juste pour étouffer les concurrents: Doubleclick était clairement le leader historique du marché de la régie publicitaire en ligne. La rumeur voulait que Microsoft ait offert 2 milliards pour cette opération. En lui soufflant Doubleclick sur le fil, Google prive Microsoft d'un moyen de croissance rapide dans la régie publicitaire sur Internet où son Adcenter peine à démarrer. Je ne parle même pas des parts de marché très faibles de MSN dans les moteurs de recherche!.... La lutte va ainsi se résumer à un combat avec Yahoo dont le système Panama semble lui bien décoller
- l'hégémonie de Google sur le marché de la publicité Internet atteint ainsi son paroxysme. On va bientôt ce diriger vers des procès anti-monopole pour Google comme IBM ou Microsoft en ont vécu par le passé. Chacun son tour! ... et c'est même Microsoft qui a encouragé les autorités à mener cette analyse dès hier.
Source: blog Media & Tech (par didier durand)
vendredi, avril 13, 2007
parts de marché US: Google toujours plus dominant

L'hégémonie financière de Google dans la pub Internet va encore se consolider par ce quasi-monpople sur le search:
- Son traffic de search augmente. Donc, c'est plus de publicité sur son propre site pour laquelle il ne partage les revenus avec personne
- il n'a en effet sur cette publicité pas à restituer les 80% du montant des revenus faits sur des sites tiers via Adsense (par exemple avec les startups du web 2.0).
Source: blog Media & Tech (par didier durand)