mercredi, juin 30, 2010

Smartphones - Internet et données mobiles: peu d'utilisateurs utilisent beaucoup. A la folie!

En attendant (longtemps ?...) d'avoir des données équivalentes pour la France voir l'Europe, il est intéressant d'analyser le tout récent rapport publié par Nielsen (basé sur l'analyse détaillée des factures de 60'000 abonnés) sur l'utilisation des smartphones pour accéder à l'Internet mobile.



Que dit-il ?
  • en 1 an, la consommation de données a "violemment" augmenté: de 90 méga-octets moyens par mois, on est passé à 300 méga-octets. L'internet mobile qui était depuis longtemps sur les radars est maintenant très concret!
  • cependant, plus d'un quart des utilisateurs (un tiers il y a un an) consomment encore moins d'un méga-octet mensuel.
  • la consommation des plus "voraces" est impressionnante: 6% des utilisateurs, les geeks sous addiction vraisemblablement, consomment la moitié du volume total. Peut-être reflètent-ils le futur comportement de Mr Tout Le Monde avec son nouveau téléphone (.... qui ne sera alors plus smart puisque c'est une notion relative!) et qui changera alors sûrement de nom car le côté "phonique" sera accessoire. Les questions posées par Nokia et ses téléphones-concepts reviendront alors au galop...
Tous ces utilisateurs sont des futurs consommateurs de publicité: la publicité mobile est encore certes un marché naissant au vu de ses chiffres mais  ces nouveaux comportements expliquent sans ambiguité les enjeux de l'affrontement "à mort" entre Google Android et Apple iPhone.

Deux questions se posent alors:
  • les opérateurs ne vont-ils pas devoir un de ces (proches) jours abandonner les forfaits à accès Internet illimités?  Des revenus fixes et bornés ne vont pas leur permettre de réaliser les investissements massifs nécessaires à un écoulement de tout ce trafic de données...
  • n'est-il pas dangereux pour un constructeur comme Apple de devenir dépendant à plus de 40% de l'iPhone pour ses revenus ? Si la concurrence s'exacerbe, la niche du haut de gamme de l'iPhone face à Android et sa stratégie diamétralement opposée va certainement devenir trop étroite....

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

lundi, juin 28, 2010

rappel des iPhone 4: pression du scoop sur le DailyMail

Le journalisme professionnel fait de son mieux pour rivaliser avec le néo-journalisme des bloggers (professionnels) du web 2.0.

On a récemment vu que ces derniers, représentés en l'occurrence par la rédaction de Gizmodo,  sont capables de payer pour obtenir un scoop (ici représenté par un prototype d'iPhone volé). Ce genre de pratique est bien sûr taboue pour les grands noms de la presse.

Mais, ces rédactions de presse historiques doivent faire le maximum pour rester dans la course: leurs titres sont encore en difficulté après l'immense crise dont ils vivent encore les conséquences.

Et aujourd'hui, rester dans la course, cela ne veut pas dire publier l'information de la meilleure qualité possible, recoupée par une investigation sérieuse. Non! Rester dans la course, cela veut dire publier au plus vite une information "fort probable" afin de capturer les pageviews issus des réseaux sociaux (maintenant meilleurs que Google News...) pour générer à tout prix un maximum de revenus publicitaires: il faut bien compenser la baisse régulière du CPM et la tendance forte au paiement à la perfomance. C'est la rançon du "Web Temps Réel" qui se met actuellement en place.

Cela conduit inéluctablement à des gaffes d'ampleur: dernière en date, celle du prestigieux DailyMail britannique qui s'est empressé de publier une information autour du rappel probable des iPhones 4 suite à ses problèmes d'antenne et de réception. Elle était basée sur un seul message Twitter émis par Steve Jobs (depuis http://twitter.com/ceoSteveJobs): seul souci pour le journaliste du Daily Mail, il ne savait que ce oompte Twitter est en fait un faux!

La rédaction du Daily Mail s'est empressée du retirer la page (toujours visible ici) dès la supercherie découverte. Mais le mal est fait: la rédaction du Daily Mail est gentiment (mais moqueusement...) montrée du doigt par ses éminents collègues de CNET, Fortune, etc.... [Sont-ils bien sûr de ne pas être les prochains dindons d'une farce similaire?]

Les plus grands moteurs (Google, Bing, etc..)  s'appuient aussi de plus en plus sur Twitter & co pour découvrir ce genre de scoops par utilisation de l'intelligence humaine. Mais, attention, messieurs "les journalistes physiques", ils appuient eux leur filtrage de ces scoops sur la Sagesse des Foules, i.e la présence de plusieurs signaux indépendants, pour faire remonter une information vers le sommet de leur page d'accueil. L'apparition unitaire d'une information sur le Net, à moins qu'elle ne sérieusement recoupée, ne peut être la base d'une publication péremptoire: nous sommes dans l'ére de la Vérité Analogique!


Source: blog Media & Tech (par didier durand)

vendredi, juin 25, 2010

Publicité Internet: la France face à ses voisins

Des chiffres très intéressants (de source IAB - Internet Advertising Bureau)  publiés par PaidContent  sur le marché européen 2009 de la publicité en ligne:

[Légende: publicité sur les moteurs en bleu, bannières en Orange, annonces classées et annuaires en vert, autre en rouge]


Ce que l'on y voit:
  • Le Royaume-Uni est toujour le plus gros marché: c'est en ligne avec le fait qu'Internet y a dépassé la télévision depuis 2007
  • malgré des populations relativement équivalentes et un développement économique similaire, le marché semble très en retard en France comparé à l'Allemagne et au Royaume-Uni. La part comparativement énorme des annuaires / annonces classées est à noter: signe du bon travail commercial des forces de vente de PagesJaunes.fr....
  • la publicité sur les moteurs de recherche (en bleu sur le schéma) prend une place prépondérante partout et même majoritaire au Royaume-Uni. Pour 2 raisons à mon avis: à cause de son mode de facturation à la performance dont les avantages ont déjà été exposés et également pour utiliser la Base des Intentions de Google au plus amont du processus d'achat des internautes
  • les pays méditerranéens (Italie, Espagne) ont encore une forte marge de progression
Le marché européen n'a pas atteint son plein potentiel: à population équivalente aux USA, le total des marchés nationaux est loin des  16.2 milliards d'euros du marché américain.

Meilleure preuve: le marché américain, plus proche de sa maturité a régressé en 2009 à cause de  la crise alors que ses homologues européens ont eux progressé (modestement)



Il faut suivre ce marché publicitaire en ligne: les revenus qu'ils génèrent sont la manne de l'éco-système Internet. Ils vont devenir celle de l'éco-système mobile émergent.

Tout cela fera de l'Internet le deuxième media publicitaire en 2015.

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

vendredi, juin 18, 2010

l'iPad va "tout casser" selon Forrester: des ventes supérieures aux netbooks, aux PCs

Selon Forrester, l'iPad (et ses congénères sur Android) est sur une trajectoire stellaire: leurs ventes vont dépasser celles des netbooks dès 2012 puis celles des PCs de bureau en 2015



C'est un pronostic qui n'engage que ceux qui le croient comme l'a dit un certain président....

Ce très bel objet qu'est l'iPad me laisse perplexe, je dois dire. Côté technologique, c'est top ! Surtout l'écran.
Et puis, c'est Apple avec ces fans inconditionnels qui achètent tous les nouveaux produits sans réfléchir dès leur sortie: c'est comme cela que l'iPhone avait explosé aussi dès sa sortie.

Autant je comprends pour l'iPhone car il a révolutionné fonctionnellement et ergonomiquement le monde des téléphones mobiles lors de sa sortie quand celui-ci était en pleine léthargie.

Mais pour l'iPad, j'ai plus peine: c'est pour moi un device intermédiaire entre mon iPhone et mon laptop. J'y vois 2 utilisations qui m'intéressent:
  • professionnelle: éviter le laptop souvent désormais trop présent comme barrière physique entre les participants à une réunion tout en restant en ligne pour pouvoir consulter l'Internet et des documents électroniques pour étayer la discussion
  • personnelle: pour m'abreuver de contenu Internet pendant que je suis sur le canapé avec l'autre oeil sur la TV. Mme Durand, elle, l'apprécie pour suivre ces recettes issues de Marmiton & co directement sur la table de cuisine: c'est moins encombrant et moins salissant que le laptop!
Pour tout le reste, selon mon expérience de ces derniers jours, j'ai vite à nouveau recours à mon laptop quand je dois être interactif (utilisation massive du clavier) et à mon iPhone en situation de mobilité dans laquelle la taille de l'iPad est à mon goût un obstacle à son transport ubiquitaire.

Donc, les 2 millions de vente en 2 mois me laissent perplexe: je serais enclin à croire que c'est un feu de paille. Mais, je peux sûrement être en train de me tromper.  Il est d'ailleurs à souhaiter que je le sois: de réunions en séminaires récets dans mon industrie, celle des médias imprimés, on ne parle que de lui comme de la nouvelle panacée voire du sauveur de cette industrie.

Et même si c'était vrai, pour en revenir à Forrester et son pronostic, je vois mal ces tablettes supplanter aussi vite le bon vieux PC de bureau , de toute façon en train lui même de migrer vers son petit frère, le portable. De toute façon, l'Ipad n'en sera pas le seul acteur: la "diversité lente" apportée par Android va lui prendre des parts de marché. Si le marché est large, il sera hétérogène et fragmenté!

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

mardi, juin 15, 2010

CitizenTube: un CNN, LCI pour Google TV via Youtube?

Pour préparer le lancement prochain de Google TV, Youtube redonne un coup de jeune au User Generated Content (UGC) et lance Citizentube.com, un nouveau site / flux destiné à collecter des vidéos juste chargées sur Youtube et relatant les événements graves, importants, etc.

Pour ce faire, Google / Youtube s'appuie sur des notifications via Twitter (alors que Buzz est l'outil maison pour ce faire...): il est en effet impossible aux troupes googliennes de séparer seules le bon grain de l'ivraie dans une masse de 24 heures de vidéo nouvelles téléchargées chaque minute.

Ce CitizenTube est pour moi un pas essentiel au succès de Google TV: Google ne peut laisser l'utilisateur télévisuel (pas forcément un geek de la première heure) se débattre avec un écran de recherche dans le gigantesque inventaire audio-visuel de sa filiale Youtube.

la création de ce genre de sites est donc un must: il préfigure la mise en place de chaînes de programmes équivalentes sur la future Google TV où le "téléspectanaute" de la TV 2.0 n'aura qu'à se laisser porter par la sélection faite par Google.... qui aura ainsi l'opportunité de le garder plus longtemps avec lui. Pour lui passer plus de publicité!

Un concurrent pour les LCI / CNN ? Peut-être .... à moins que Citizentube ne devienne pour eux une bonne source d'approvisionnement en contenu des premières minutes / heures quand leurs reporters ne sont pas encore sur place.

Source: blog Media &Tech (par didier durand)

mardi, juin 08, 2010

iPad / iPhone / iPod: chaque téléchargement d'application rapporte env. 30 cents

Lors de son keynote pour l'annonce de l'iPhone 4 (entre autres),  Steve Jobs d'Apple a donné des chiffres intéressants sur l'éco-système qu'Apple a bâti autour de ses différents matériels:

  • Apple a restitué plus d'un milliard de dollars aux développeurs qui produisent les applications pour ces matériels: ce sont les 70% des 1'430 millions encaissés au total par Apple desquels il prélève ensuite ces 30%. La même fierté pour Steve Jobs que celle de Sergei Brin de Google quand il restitue par AdSense!
  • Ce chiffre d'affaires est à répartir sur les 5 milliards de téléchargement déjà faits sur l'Application Store d'Apple: on arrive donc à près de 30 cts par téléchargement. Finalement un bon rendement financier tant pour Apple que pour les développeurs au sommet du hit-parade des meilleures applications.
  • Mais, il faut être au sommet: la décroissance exponentielle qui règne chez Facebook est aussi de rigueur sur l'App Store. Malgré tout, une division "brutale" par les 225'000 applications actuellement présentes (+15'000 nouvelles  par semaine, approuvées à 95% en 7 jours)  sur l'App Store laisse un revenu moyen total de 4'000 dollars par application.
Ces 430 millions restants à Apple depuis la naissance de l'App Store seraient intéressants pour beaucoup de monde: pour eux, cela reste un détail: c'est 10% des seuls revenus de  l'iPhone au dernier trimestre qui représente à lui tout seul 40%  des revenus totaux d'Apple. (devenu depuis longtemps un "vendeur de matériel supporté  par les bits")

C'est au moins un réconfort pour les développeurs tiers: ces applications sont le catalyseur qui pousse à l'achat de nouveaux matériels. Même si les revenus du Store sont minimes vu d'Apple, il doit les maximiser pour la motivation des développeurs tiers à continuer le développement des applications.

Cela fait partie du développement sain de l'éco-système iPhone / iPad quelque peu mis à mal ces derniers temps....

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

jeudi, juin 03, 2010

Android dans les outils (TV, auto, etc.) les plus fréquents de notre vie quotidienne pour l'hégémonie publicitaire de Google

La plate-forme mobile Android de Google  (en train de tailler des croupières à l'iPhone d'Apple) se déploie dans les outils de notre vie quotidienne: PCs, voitures, automobiles, téléphones portables, etc. Pourquoi ?

Parce que, premièrement, ce sont les produits les plus répandus sur la planète:
Et puis deuxièmement, ce sont certainement à leur utilisation que nous passons la plus grosse partie de nos journées: retirer la TV, les appels depuis votre portable, le temps sur l'ordinateur et les déplacements en voiture et vous allez constater que le reste est maigre...

Donc pour maximiser la création d'espaces publicitaires nouveaux et la fréquence du contact avec ces publicités, Google ne pouvait pas choisir de meilleurs vecteurs pour Android!

Ce n'est même pas moi qui le dit, c'est Andy Rubin, le chef d'Android chez Google, qui l'a clairement énoncé dans une récente intervie"We’re at about 4 billion cell phones. About 1.4 billion Internet connected PCs — that includes desktop and laptops and everything else. Like 1.2 billion automobiles. Some 800 million TVs. And it’s like, “OK, let’s target the top four.” Let’s do everything we can to get the big ones. Remember, our business is volume, because it’s an advertising business and we want to delight a lot of people. And how do you delight a lot of people? You get in the products that they use every day."

Un tel enjeu vaut bien la patience mise (décrite ici)  par Google dans sa stratégie mobile Android, basée sur un marathon de longue haleine.

De toute façon, il y a peu de d'autres solutions: à sa taille (+50% du marché global), sa croissance est intimement liée à celle de son terrain de jeu, l'Internet lui-même. Il est condamné à faire croître cet espace de jeu pour avoir ensuite une chance de mieux s'y "répandre" (publicitairement).

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

mercredi, juin 02, 2010

super-ordinateurs: 91% du top500 mondial sous Linux!

La BBC a analysé le top500 des super-ordinateurs mondiaux récemment publié sous divers angles: répartition géographique, par constructeur, par domaine d'activités, par type de  processeur etc.



Pour les systèmes d'exploitation, Linux domine outrageusement:  à 91% (selon Korben)

Pour les fans de chiffes, c'est un beau progrès: on est à 1.75 pétaflops pour le plus puissant (Un Cray ... comme au bon vieux temps).  Soit un progrès de 75% depuis que la barre mythique a été passée il y 2 ans.

Pétaflop, kesako ? Voir la table des  préfixes: ce sont donc1.75 million de milliards d'opérations en virgule flottante par seconde. Vous vous représentez ce que cela fait? Moi pas....

Impressionnant de penser que notre futur (recherche) et notre présent (finance) sont en grande partie calculés sur un système créé par Linus Torwald alors étudiant.... En même temps, son "bébé personnel" à bien changé:
Alors, si votre société n'est pas sous Linux pour ses systèmes critiques, stimulez donc votre boss ! Sinon, vous manquez quelque chose....

Pour vous aider, ma présentation d'un cas concret à 3 millions d'euros d'économies annuelles: des vraies en espèces sonnantes et trébuchantes et pas  du virtuel en pseudo-gains de productivité jamais matérialisées ou autres articfices équivalents.

Vous verrez. il ne pourra pas résister à la vague actuelle !

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

vendredi, mai 28, 2010

Le transistor quasi-quantique à 7 atomes arrive: la loi de Moore en danger "positif"

La loi de Moore en "danger positif", ça veut dire quoi? Cela signifie qu'elle va très probablement être mise en défaut. "Enfin, après 45 ans!", diront certains, harassés par les changements permanents que ses conséquences imposent sur notre vie quotidienne...

Eh bien, c'est loupé! La loi de Moore prédit que la quantité de transistors possibles sur une même surface double tous les 12-18 mois à prix constant (voir Wikipedia)  va en effet être bafouée pour la première fois, mais par le haut!

En effet, l'Université de Wisconsin (mon alma matter comme disent les américains: je suis un ex-Badger)  en partenariat avec une université australienne vient d'annoncer le transistor composé seulement de 7 atomes ("emballés" dans un seul cristal de silicium - d'où le terme de quantique) , pour une longueur totale de 4 milliardièmes de mètre. Les puces résultantes de puissance égale seront 1'000 fois plus petites! Les premières applications commerciales sont annoncées dans 5 ans.

Ce que cela signifie concrètement: nous allons pouvoir résoudre des problèmes de calcul intensifs inaccessibles jusqu'à présent pour le meilleur (prévisions météorologiques, simulations financières, etc.) et pour le pire (piraterie informatique, téléphonique, etc.). Les individus comme Fabrice Bellard ont de beaux jours devant eux et les membres actuels du Top500 actuel des top-ordinateurs mondiaux (même au niveau du pétaflop) peuvent compter leurs jours...

Pour les pires "tragicophiles",  la Singularité (technologique) avec ses conséquences inconnues pour la race humaine est aussi maintenant beaucoup plus proche!
 
Source: blog Media & Tech (par didier durand)

vendredi, mai 21, 2010

Google TV: nouvelle découpe du gâteau publicitaire mondial ?

Google a annoncé Google TV: en synthèse, c'est l'intégration de la plate-forme logicielle Android au coeur du téléviseur de nos salons, soit directement dans les nouveaux téléviseurs Sony ou soit indirectement par un boitier externe Logitech pour les téléviseurs existants. [Autres détails techniques ici]

Techniquement, c'est une triple ouverture au niveau du téléviseur: voir plus bas.

Economiquement, c'est la préparation technologique d'une nouvelle tentative de re-découpage du gâteau publicitaire mondial. Celui-ci est annuellement autour de 65% des 630 milliards de 2007 (= 450 milliards - crise oblige...) de dollars. La télévision en détient la majeure partie (200 milliards) grâce à une audience mondiale de 4 milliards de personnes selon les chiffres ZenithOptimedia. La première tentative de Google dans ce domaine avait rapidement avorté: la bataille était livrée sur le terrain historique donc pas le plus favorable....

Google veut toujours croître comme à sa période dorée. Les budgets publicitaires des annonceurs ne sont pas extensibles: nous arrivons donc logiquement au moment où la croissance de Google doit se faire au détriment des autres grands médias. C'est à cette condition que la publicité en ligne dépassera ses 10-15% actuels de parts de marché pour devenir 2ème média publicitaire mondial en 2015.

C'est comme cela qu'il faut considérer Google TV:  la firme de Mountain View veut changer le paradigme traditionnel de la TV en la déplaçant vers son propre monde, celui de l'interactivité et de l'Internet afin de pouvoir ensuite jouer ses atouts habituels pour renforcer ses multiples hégémonies actuelles. A la taille de Google, on peut se permettre d'essayer de changer les règles du jeu mondiales plutôt que de se contraindre à une guerre de tranchées face à des adversaires qui maîtrisent les ficelles de la situation actuelle.


Google nous sort donc maintenant le grand jeu en apportant 3 améliorations d'envergure au concept télévisuel classique:
  • le choix des contenus devient ouvert: par Google TV, le téléviseur est connecté à Internet. Il n'est alors plus impératif de se laisser imposer le contenu de soirée par la direction des programmes de sa chaîne préférée: on peut enchaîner les vidéos de son choix à partir de Youtube (au moins 24 heures de nouveautés chaque minute!), DailyMotion, etc... [Il y a même des films complets ainsi accessibles]
  • le média devient interactif et flexible: la passivité n'est plus de rigueur. J'agis en choisissant mes programmes et services à travers télécommande / clavier. Avec la plate-forme logicielle Android, le téléviseur de chaque foyer devient différent: les applications que j'y installe ne sont pas celles de mes amis.
  • le média n'est plus propriétaire mais ouvert et programmable par chacun: Google TV déroule officiellement le tapis rouge à tous les développeurs tiers pour qu'ils adaptent leurs applications déjà développées (50'000 à ce jour) pour les téléphones Android afin qu'elles soient installables dans Google TV. l'Android Market est la cerise sur le gâteau qui permettra à ces développeurs de monnayer leurs développements. L'union fait la force: ce n'est pas Google seul qui s'attaque au monopole publicitaire. Il ouvre l'offensive avec ces 180'000 développeurs déjà recensés afin de faire tomber la forteresse de la télévision traditionnelle au plus vite....
Pour Sony et Logitech, l'apport d'Android est identique à la dot faite aux fabricants de téléphones mobiles: une plate-forme logicielle très haut de gamme donnée gracieusement. Elle leur permet de réduire d'autant leurs coûts de production donc d'augmenter leur compétitivité et leurs marges. Son ubiquité (téléphones, fours micro-ondes, machines à laver, automobiles, etc.) en fait un argument de vente supplémentaire. Donc, des alliés qui ne peuvent être que loyaux!

Pour Google, l'enjeu est tout différent et les alliés ci-dessus (constructeurs + développeurs) ne lui feront pas d'ombres: plus leurs produits auront du succès, plus Google créera de nouvelles surfaces publicitaires sur lesquelles il pourra placer ses publicités. Que ce soit des formes publicitaires sur les vidéos Youtube ou publicités au sein des applications Android tierces complétant les fonctions standard du téléviseur.

Donc, Google devrait y gagner des budgets publicitaires en provenance des chaînes de télévision classiques. Ils seront bien entendus partagés avec les développeurs et éditeurs  tiers ou les sites de contenus (DailyMotion, Youtube qui est d'ailleurs la même maison...). Sony (et ses confrères), Logitech y gagneront des ventes.

Qui va donc y perdre ? Les grandes chaînes de télévision historiques et les opérateurs de câbles et satellites qui ont depuis 50 ans parfaitement verrouillé leur marché en gardant tous les fruits de sa croissance publicitaire pour eux-mêmes.

Cette époque d'abondance arrive maintenant à sa fin! C'est la TV 2.0 dont je parlais il y a déjà il y 3 ans!

La bonne surprise pour ceux qui ne veulent pas attendre? Elle est même déjà là aux 2/3 cette nouvelle TV. Démonstration concrète (preuves à l'appui) depuis mon salon dans le prochain billet....

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

jeudi, mai 20, 2010

Smartphones: parts de marché mondiales pour premier trimestre 2010 (Gartner)

Les ventes de smartphones estimées par Gartner Group pour le premier trimestre se répartissent ainsi:


On constate:
  • une augmentation du marché global de 50% sur une année. C'est normal: lLa loi de Moore va faire baisser leur prix (la stratégie de soutien aux constructeurs de Google aussi...) et leur volume de production va augmenter. Cette augmentation des volumes va d'ailleurs progressivement faire disparaître la terminologie de smartphone car quand tous les téléphones que nous utilisoms seront smarts plus aucun ne le sera. En effet, cette notion est relative.
  • que les 2 gagnants sont iPhone et Android: c'est conforme aux tendances déjà détectées. Ils gagnent des parts essentiellement sur le dos de Microsoft et Nokia qui prennent de plus en plus la position de "has been" du secteur!  Si ce n'est pas encore en volume, c'est clairement déjà la cas au niveau de l'image....
  • que les chiffres de Gartner et ceux publiés par Apple sont cohérents: la dépendance à 40% pour la firme de Steve Jobs est un vrai challenge avec la nuée de combinés Android en train d'émerger...
  • que les 65'000 combinés Android vendus chaque jour selon Eric Schmidt sont compatibles avec les chiffes Gartner.
On va donc se diriger - à mon avis - d'ici à 30-36 mois (le temps du renouvellement du parc installé)  vers un marché très bipolaire: l'iPhone d'un côté et Android de l'autre.

"Bipolaire" est sûrement un abus de langage: Google à l'occasion de sa conférence I/O a mis en place une vitrine mettant en valeur tous les combinés existants: la palette est large...


Apple va devoir se battre férocement pour résister face à cette meute: elle sait le faire si on se réfère à la rivalité Mac - PC où la firme de Cupertino sait parfaitement préserver sa niche haut de gamme où ses marges sont sans commune mesure avec celles des fabricants de PC sous Windows

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

vendredi, mai 14, 2010

65 '000 combinés Android vendus chaque jour -> soucis pour Apple...

65'000 combinés Android sont vendus chaque jour selon les propos de E.Schmid, ceo de  Google, rapportés par L'AFP. Cela fait donc 6 millions de ces combinés mis sur le marché chaque trimestre à comparer aux . 8.75 millions pour l'iPhone pour les 3 premiers mois de 2010.

Le Nexus One de Google, "joystick" de sa stratégie mobile est bien sûr inclus dans ces chiffres mais ils comprennent surtout ceux des partenaires comme Motorola ou HTC, en procès / contre-procès  avec Apple qui n'a pas encore aussi viser Mountain View directement car sa horde d'avocats serait plus dur à abattre au premier tour sachant que Google développe depuis sa naissance un énorme portefeuille de brevets, à but justement défensif (on a encore jamais vu Google attaquer une autre société sur la base de ses brevets)

Ces chiffres de E. Schmidt confirment donc la très récente étude de NPD qui démontre que Android commence à dépasser Apple et son iPhone en termes de ventes confirmant  ainsi des chiffres équivalents en termes d'utilisation de l'internet mobile.

La stratégie d'hégémonie lente de Google semble porter ses fruits.

Le grave souci prévisible pour Apple: ses revenus sont dépendants à 40% de l'iPhone. Il ne faut donc pas que son prix baisse trop vite alors que Google peut lui continuer à utiliser son arme favorite, la "destruction créatrice", pour faire fonctionner la loi de migration des profits attractifs.

En effet, en continuant à aider les autres constructeurs de téléphone mobile par une plate-forme logicielle Android sur laquelle il investit massivement pour eux, Google leur permet de baisser leurs prix de vente sans rogner (trop) leurs marges ni faire baisser leur compétitivité au plan fonctionnel.

Résultats:
  • Apple va devoir baisser ses propres prix de l'iPhone pour rester compétitif. La superbe santé financière actuelle va décliner.
  • Plus de consommateurs vont pouvoir s'équiper de ces smartphones pour faire ensuite une utilisation massive de l'Internet mobile sur lequel Google pourra leur montrer encore plus de publicités et devenir toujours plus prospère....
D'un pierre, deux coups!

PS: et la situation va encore se dégrader si on ajoute les futures voitures General Motors sous Android .... sans compter les téléviseurs ni les fours micro-ondes et machines à laver eux aussi équipés d'Android!

Source: blog Media & Tech (par didier durand)