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jeudi, avril 03, 2008

Google (via Doubleclick) domine maintenant tous les segments de la publicité online

Au moment de l'acquisition de Doubleclick, Google a motivé sa dépense conséquente sur le fait d'une complémentarité parfaite. Sans en dire beaucoup plus.

Des analyses tierces comme celle d'Attributor (basée sur 68 millions de noms DNS crawlés en janvier 2008) viennent maintenant le démontrer plus concrètement par le schéma ci-dessous.

Qu'apprend-on:
  • que Google domine outrageusement (1er tableau) en sites équipés avec son serveur d'annonces AdSense. Par contre, ce sont de tous petits sites: il lui faut 91'500 serveurs pour atteindre le même nombre de visiteurs (1.1 milliard) environ que Doubleclick avec ses 6'750 sites équipés. C'est une preuve de la "spécialisation" de Google au niveau de la double Longue Traîne de la publicité Internet: celle des éditeurs combinée celle des annonceurs (déjà estimée à 400'000 clients il y a bientôt 2 ans)
  • que si on considère seulement les visiteurs, les 2 maintenant groupés font un carton par rapport à Yahoo qui stagne à 360'000 visiteurs [Note: on ne peut pas faire 1.1 + 1.1 milliard: ils partagent certains visiteurs]
  • le point le plus important: que Google a finalement acheté le marché des gros sites publicitaires via Doubleclick qui selon le 2ème tableau ci-dessus lui procure 30% du marché des sites moyens (100'000 à 1 million de visiteurs mensuels) et 48% du marché des gros sites (1 million de visiteurs et plus). Cela vient renforcer à point ses propres parts de marché (41.5% et et 15.85%) là il était "faible".
Google est très conséquent avec l'objectif de cette acquisition maintenant évident:
Avant, je parlais d'hégémonie publicitaire pour Google (d'ailleurs triple...), maintenant le mot juste, c'est quoi: monopole?

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

samedi, mai 05, 2007

Google et éditeurs: "je t'aime - moi non plus" - Netvibes Universe bientôt dans la saga?

Après leur récente seconde victoire en justice, certains éditeurs belges font aujourd'hui volte-face et veulent rentrer au bercail de Google. Pourquoi? les derniers chiffres Hitwise semblent nous apporter une réponse...

En effet, ces éditeurs belges avaient obtenu en février 2007 le retrait de leurs articles dans Google News. Il y a 8 mois , après décision de justice, Google les avait déjà retirés de son "grand" index.

Maintenant, certains veulent au moins revenir dans le "grand" index (avec interdiction pour Google de garder des copies du contenu dans son cache): un accord vient d'être trouvé pour la réintégration dans cet index mais pas de solution à ce moment pour Google News.

Cela me donne l'occasion d'un épisode supplémentaire dans la saga entre ces protagonistes!

A l'occasion du rachat de Doubleclick par Google, j'écrivais que la dépendance financière nouvelle créée par cette acquisition (beaucoup de sites éditeurs utilisent les services publicitaires Doubleclick) allait augmenter la tension (cf. droits d'auteurs, Google Books, Google Print Ads) dans la relation entre Google et ces éditeurs déjà forte autour de Google News auquel ils veulent interdire l'utilisation de leur contenu même si son effet "booster" est indéniable.

Eh bien, les statistiques récemment publiées par Hitwise montre que la dépendance entre les éditeurs croît encore: le graphique ci-dessous montre que Google leur fournit 30% de trafic en plus qu'il y a un an.

Sa fonction de "routeur" (massif) du trafic sur Internet devient donc toujours plus vitale pour les sociétés de médias qui vivent de l'équation:

++trafic --> ++publicité --> ++revenus

[Note: même si les chiffres des sociétés comme Hitwise, Comscore, Nielsen, etc... sont mise en doute par l'Internet Advertising Bureau, j'accorde personnellement une bonne confiance aux variations relatives des chiffres fournies par ces sociétés: même si la méthode n'est pas idéale, elle est utilisée de manière constante, donc les variations relatives des chiffres produits sont des valeurs relativement fiables}

Les conséquences:
  • à posteriori, on comprend ainsi mieux le récent deal avec AFP après le long procès (réglé à l'amiable): l'agence ne pouvait pas priver ses éditeurs-clients de ce trafic. Elle a même favorisé un arrangement qui leur permet de recevoir le trafic résultant du placement de contenu AFP propre dans les résultats organiques de Google.
  • le retournement des éditeurs belges d'aujourd'hui s'explique aussi ainsi: après avoir été très fier de leur victoire en justice, certains retombent les pieds sur terre: si Google ne "phagocyte" plus leur trafic, ils doivent de leur côté perdre pas mal de trafic donc de revenus... Ils veulent donc "rentrer au bercail"! Le Monde a une épouq avait fait le même aller-retour en volte-face.
Cette histoire "amour-haine" aura encore de multiples péripéties: c'est une manifestation de la guerre pour notre attention de consommateur (de toute façon limitée à 24 heures par jour...) qui se fait toujours plus dure car ses impacts financiers sont énormes!

PS: ceux qui ont tout compris dans cette "guerre pour l'attention", ce sont les spécialistes de la page personnelle comme Netvibes, PageFlakes & co qui en font un max pour garder le contact avec nous à travers le contenu généré par d'autres (à grands frais). La récente annonce Netvibes Universe est - à mon avis - une superbe tactique de coopération-invasion de Netvibes face aux éditeurs. "Gagnant-gagnant" au début mais ensuite? Un tel service Netvibes Universe comme Google News (ou iGoogle) ne nous déshabitue-t-il pas encore un peu plus d'aller "instinctivement" vers les sites médias ? Des réactions épidermiques des éditeurs contre Universe des éditeurs?....

Source:
blog Media & Tech (par didier durand)

mardi, avril 17, 2007

Commentaire du jour [13] - La Bourse paie Googleclick: pas assez précis...

[Commentaire du jour sur Media & Tech: quoi et pourquoi - Les autres commentaires du jour]

Netcircus - très "sybillin" sur son identité - m'a (gentiment) repris sur mon raccourci de langage "la Bourse va payer Googleclick". Il dit

".... juste une précision : quand la valeur de l'entreprise dépasse dans la journée à la bourse, le montant de l'acquisition, ça veut simplement dire que le marché apprécie l'acquisition et estime que les synergies dégagées dépasseront la valeur de la cible, mais ça ne veut pas dire que la bourse paie l'acquisition, puisque l'appréciation du titre en bourse n'est pas censée avoir d'impact sur les comptes de l'entreprise (sauf en cas d'augmentation de capital ce qui ne semble pas être le cas). C'est juste pour atténuer les phantasmes sur la bourse..."

Il a raison.

L'analogie que j'ai dans la tête pour ce genre de situation est: si je mets 10'000 euros de travaux dans ma maison et qu'elle vaut effectivement au moins 10'000 euros de plus ensuite alors le marché de l'immobilier "paie" mes travaux. En fait, je devrais dire "paiera": en effet , je ne retrouverai ces 10'000 euros que si je vends ma maison. Avant, c'est de la valeur créé sur ma maison. Cette valeur reste "virtuelle" dans mon portefeuille jusqu'à la revente!

Idem pour Googleclick: ceux qui profiteront de la création de valeur sont les actionnaires (i.e. les propriétaires) qui revendront en tirant profit à hauteur de leur participation dans cette création de valeur. Dans les comptes d'opération de la société, il y a bien 3 milliards de dollars en moins!

PS: la Bourse de New-York a quasiment "repayé" (je vais garder mon raccourci....) Googleclick dans la journée d'hier en appréciant le titre GOOG de 1.71% soit +.2.5 milliards de dollars en 1 séance!

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

lundi, avril 16, 2007

Googleclick: premiers constats

Ce week-end a eu lieu l'opération de rachat de Doubleclick par Google. Appelons-cela Googleclick après GooTube!

Henri et Techcrunch ont été parmi les tous premiers à livrer l'info "brute de décoffrage".

Regardons un peu ce que cette transaction nous dit:
Donc, les prochaines semaines s'annoncent très riches en évènements. On en reparlera....

Source: blog Media & Tech (par didier durand)