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jeudi, janvier 31, 2008

Amazon Web Services (AWS - EC2, S3): le vent en poupe!

Amazon a annoncé hier soir ses chiffres du T4 2007 et de toute l'année 2007: avec un chiffre d'affaires trimestriel en hausse de 42% en 1 an et un bénéfice net en hausse de 112%, tout semble bien aller!

Ce blog n'est pas financier. Je vais donc me concentrer sur un autre passage du communiqué: " Adoption of Amazon Elastic Compute Cloud (EC2) and Amazon Simple Storage Service (S3) continues to grow. As an indicator of adoption, bandwidth utilized by these services in fourth quarter 2007 was even greater than bandwidth utilized in the same period by all of Amazon.coms global websites combined."

En surpassant en débit réseau les sites commerciaux de Amazon, Le "cloud computing" souvent évoqué sur ce blog est donc en train de gagner ses lettres de noblesse à travers les 2 prestations phares de la famille AWS("Amazon Web Services") dont je suis grand fan, S3 pour le stockage en ligne et EC2 pour la puissance de calcul à la demande.

Par ailleurs, les développeurs sont séduits: le même communiqué annonce maintenant 330'000 développeurs enregistrés (j'en fais partie) soit +10% en 3 mois. Pourquoi? Certainement parce que les propos de Jeff Bezos sont vrais: avec les AWS, un développeur isolé peut construire un service à l'échelle du Web mondial sans avoir à faire des investissements (très) lourds, identiques à ses concurrents, sans valeur distinctive au plan commercial. Jeff Bezos évoque une économie de 70%, à chacun de juger sur le chiffre exact. Mais, sur le fond, ses propos sont hautement pertinents.

les AWS, c'est finalement la commoditisation des infrastructures colossales à la Google (1 million de serveurs): les poches "profondes" pour acquérir des fermes de serveurs ne sont plus nécessaires pour se développer. La valeur intrinsèque du service effectivement rendu à l'utilisateur devient désormais prépondérante.

Malgré tout, les AWS représentent sûrement une bonne partie des 130 millions de dollars annoncés par Amazon dans la catégorie "Autres revenus". On comprend donc l'empressement (commercial) de Sun à montrer la voie de la virtualisation intégrale de l'informatique d'entreprise en prenant son propre système interne comme cobaye!

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

samedi, janvier 12, 2008

Cloud Computing: le paradoxe pour Sun et les constructeurs informatiques

Amazon avec S3 et EC2 a ouvert la voie du "cloud computing". Microsoft a emboîté le pas et la rumeur court que Google se prépare à offrir des services similaires.

Le "cloud computing" (i.e. "traitement dans le nuage"), kesako ? C'est le fait de ne pas posséder d'ordinateurs / stockage chez soi mais de les louer à la consommation chez un prestataire comme Amazon pour exécuter ses traitements à la demande. Tout cela se passe à travers Internet pour un accès direct, efficace et simple (cf. EC2 et S3)

Les avantages? Peut-être une réduction des coûts mais surtout une grande agilité pour le client: il n'a pas d'infrastructure à entretenir et peut donc utiliser à chaque fois une capacité totale différente correspondant strictement à son besoin de l'instant. L'économie sur les coûts provient clairement de l'échelle à laquelle travaille le prestataire: il automatise et mutualise les achats, les RHs, etc... à un niveau qu'une entreprise standard ne peut jamais espérer.

Comme le pense Jeff Bezos, le boss d'Amazon, cela permet une startup de conserver 70% de ses ressources en ne faisant pas ces activités de "quincaillerie" qui ne la différencient aucunement sur le marché!

Mais, après les startups qui vont montrer le chemin, ce sont les grandes entreprises qui feront réellement croître ce marché du "cloud computing".

Or, abandonner (même progressivement...) ses centres de traitement pour les transférer vers un prestataire à travers Internet est un mouvement risqué: on n'est plus du tout dans le cas d'un contrat d'outsourcing informatique chez un prestataire "physique". Ici, les traitements du client s'exécutent dans un environnement totalement virtualisé où il est impossible de lui montrer "ses" machines et "ses" équipes dédiées.

Pas simple alors pour un CIO / directeur informatique de prendre une telle décision de "cloud computing" global.

Il faut des pionniers. Eh bien, c'est paradoxalement un constructeur informatique qui s'y lance en premier: Brian Cinque, l'architecte des centres informatiques de Sun annonce que d'ici à 2015 Sun aura fermé tous ses centres de calcul pour virtualiser le 100% de ses ressources informatiques centrales en mode "cloud computing" chez des tiers.

Pourquoi c'est paradoxal ? Parce que cela peut surprendre qu'un constructeur d'ordinateurs soit parmi les pionniers à vouloir se débarrasser chez lui de sa propre quincaillerie...

Pourquoi est-ce nécessaire?
  • Parce que (accessoirement vu les 2 arguments qui suivent), cela produira des économies
  • Parce que, vu le risque encouru, il faudra des références solides pour faire basculer les décisions de directions informatiques / générales. Sun MicroSystems est 187ème dans le célèbre classement Fortune500. C'est donc une référence de poids!
  • Parce que les Amazon, Microsoft, Google et autres futurs concurrents à venir vont chercher des partenaires solides pour développer leurs plates-formes "cloud computing" à des échelles inconnues jusqu'à lors. Qui sera alors mieux placé que le constructeur qui se sera déjà appliqué (avec succès) la recette à lui-même: il aura développé toute l'expertise nécessaire!
Sur le dernier point, c'est du sérieux: Google gère déjà 1 million de serveurs, Yahoo et Microsoft vont dans les mêmes traces. Sans même parler croissance du besoin (qui viendra pourtant par la commercialisation des services "cloud computing" par les 3 grands) mais par simple renouvellement tri-annuel, on parle donc déjà d'un marché colossal!

A une époque, Sun nous vendait le slogan "The network is the computer". Maintenant, gageons que la nouvelle devise va sûrement être "The network is the data center"!

[Via N. Carr]

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

mercredi, octobre 10, 2007

Linternux: vers une entrée dans les entreprises? (SLA pour Amazon S3)

Amazon vient d'annoncer un contrat de service forme (SLA - Service Level Agreement) pour son service S3 de stockage de données en ligne. L'engagement est plus qu'honnête: l'objectif est 99.9% avec 25% de réduction de la facture si la barre des 99% est franchie vers le bas.

Au-delà des chiffres et des remboursements, ce pas d'Amazon ouvre pour moi le monde de l'entreprise aux technologies de type SaaS ("Software as a Service") car un service comme S3 (ou son concurrent chez Microsoft) n'ont aucune chance d'entrer dans l'entreprise tant que le fournisseur ne se mouille pas de manière formelle à travers un tel SLA. Un volume élevé d'activité (comme les 5 milliards d'objets en gestion sur S3) n'est pas un argument pour un service achats digne de ce nom: il faut un vrai contrat!

Maintenant, c'est fait! Le concept Linternux peut penser à faire son entrée dans le monde "corporate".

PS: il semble que ce soit sous la pression de concurrents tout neufs comme Nirvanix qui mettent en avant contre S3 le SLA de leur propre service qu'Amazon ait dû à son tour "montrer" patte blanche. La concurrence a décidémment toujours du bon...

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

jeudi, août 02, 2007

SaaS: Microsoft comme Amazon "dans le nuage"

A l'occasion de l'Analyst Day 2007 de Microsoft qui vient d'avoir lieu, il est intéressant de revenir sur la mise en pratique par la firme de Redmond de la stratégie pronée par Ray Ozzie quand il a pris le pouvoir en tant que CTO il y plus de 18 mois:
  • une infrastructure informatique qui fonctionne à la demande et sans limite
  • le logiciel (majoritairement) en tant que service sur Internet et plus (uniquement) installé exclusivement sur son PC
  • la publicité pour financer tout cela.

Tout d'abord, tout le monde est dans le "nuage": après l'Elastic Cloud Computing (EC2) de Amazon, on a les "Cloud Infrastructure Services" de Microsoft lancés par R. Ozzie.

[On parle de "nuage" (cloud) car on ne sait pas précisémment où se trouve la donnée que l'on stocke ni où se trouve exécuté le traitement que l'on demande - C'est juste "quelque part" sur Internet...

Eh bien, conformément à sa vision initiale, Ray Ozzie dans sa présentation a mis en avant l'importance stratégique de ces services d'infrastructure vendus à la carte pour les mashups et autres "services multiplicatifs" du Web 2.0 qui formeront mon (bientôt...) célèbre Linternux et qui ne veulent investir dans l'infrastructure mais juste payer leur consommation d'énergie informatique chaque mois. Reste à savoir où Microsoft en est dans son plan de 800'000 serveurs installés pour 2011 (alors que Google a déjà dépassé la barre du million de serveurs en activité....)

Sur ce domaine CIS, la concurrence avec EC2 et S3 d'Amazon sera chaude même si la firme de Jeff Bezos a un bon cran d'avance en termes de vision et de chiffres bruts: Microsoft part en général plutôt tard mais sait rattraper son retard: elle avait "fait la peau" à Netscape en son temps et plus récemment, elle a su combler son retard en publicité online via l'acquisition de AQuantive. Belles passes d'armes en perspective!

Par ailleurs, lors de ce séminaire, Microsoft a aussi accentué l'importance du SaaS (Software as a Service) exécuté dans le nuage et combiné à la puissance de calcul locale du téléphone mobile, de la console de jeu pour délivrer une expérience complètement nouvelle.




Enfin, un long passage lors de la journée sur le nerf de cette guerre: la publicité supposée alimenter en ressources financières ces services et contenus du web 2.0 majoritairement gratuits donc sponsorisés par des annonceurs. Microsoft - qui part de loin - veut se tailler la part du lion dans un marché publicitaire en ligne global qu'il voit passer de 26 milliards en 2006 à plus de 60 milliards en 2010 (plus haut que les estimations Yahoo ... qui datent un peu maintenant)


La boucle est bouclée ... au moins en termes de mise en chantier: Ray Ozzie a bien lancé les chantiers qu'il avait annoncé prioritaires à son arrivée! On regardera les progrès opérationnels réels dans les mois qui viennent...

PS: Ce qui précède n'est que ma sélection personnelle de cet Analyst Day, si vous voulez voir tout ce qui s'est dit: les webcasts et les powerpoints sont là.


Source: blog Media & Tech (par didier durand)