mardi, novembre 11, 2008

Youtube: films complets de Metro-Goldwyn-Mayer

Certains producteurs de contenus vidéos (Viacom) sont toujours en procès avec Google/Youtube qui ne protègent pas assez bien à leur yeux leurs droits d'auteur

D'autres semblent se jeter dans la gueule du loup: Metro-Goldwyn Mayer annonce qu'elle va mettre sur Youtube des films complets comme les 7 Mercenaires (1960) qui sera le premier alors que ces confrères se limitent à de brefs extraits à fins publicitaires.

Pourquoi des comportements aussi opposés ?

En conclusion, on est donc dans une période de transition dans ce domaine: entre "le cinéma de papa" et la "télévision 2.0". Il est donc tactiquement correct pour les grands acteurs d'avoir plusieurs fers au feu sur le sujet pour ne pas louper le train quand il partira!

De toute façon, on revit entre Youtube et les producteurs vidéo la même histoire d'amour-haine que l'on vit entre Google et les producteurs de contenu écrit: c'est ce qui arrive toujours entre les acteurs en place et les "nouveaux joueurs" gênants mais incontournables!

La fin de l'histoire? Le plus souvent sans tragédie (à défaut d'être heureuse...): un nouvel équilibre se reconstruit entre les acteurs historiques et le nouvel arrivant qui a alors droit à sa part de gâteau, bien sûr aux dépends de ses nouveaux partenaires....

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

5 commentaires:

Manu a dit…

Tu prends comme comparaison Google et la presse écrite, peut-être peut-on prendre plus simplement les majors du disque et les sites de téléchargement gratuit. Et là me vient une interrogation...

Autant avec les majors du disque, j'ai un avis clair et tranché : la musique va fatalement devenir gratuite et se résumer à un "produit d'appel" pour les prestations live / merchandising, etc. Les artistes s'y retrouveront, les majors peut être moins mais le tout est de retrouver un équilibre entre les producteurs et les consommateurs.

En revanche, j'avoue avec beaucoup plus de mal à avoir un avis sur l'évolution de l'industrie cinématographique. Le cout pour voir un film va également tendre vers zéro, s'il y a un délais avec la musique, ce n'est qu'une question de taille des tuyaux. Mais que va-t-il rester aux studios et acteurs quand il existera un Deezer pour les films (films dispos dès le jour de la sortie en salle voir avant) ?

Etienne a dit…

Bonjour,

Pouvons nous questionner un instant ce dogme de la gratuité inéluctable des contenus ?
D'ou provient il ? De l'impossibilité technique actuelle à contrôler la circulation des fichiers numériques audio et video. Mais rien ne dit que demain les opérateurs télécoms ne pourront pas surveiller, quantifier, la circulation des fichiers dans leurs tuyaus.
Le droit civil est suffisament plastique pour permettre le payement.
Et surtout la création a besoin de rétribution.
Si la retribution n'est pas le fait du public elle sera au service de ceux qui la finance. Ca serait un profond retour en arrière (princes mécènes qui payent les artistes à représenter leur gloire...)

En résumé la gratuité me semble fondée sur une difficulté technique qui ne me parrait pas insurmontable. Elle me parrait surtout pas souhaitable.

d.durand a dit…

@Manu & Etienne,

Mon article n'induit pas la non-perception de revenus pour le producteur même si il y a clairement gratuité pour le spectateur.

Je pense même le contraire: tout monde (y.c Youtube) tatônne pour trouver le bon moyen de monétiser.

On cherche actuellement via la publicité: il faudra expérimenter encore un moment.

Je parle de tv 2.0: c'est exactement le même modèle que les chaînes publiques = gratuit pour l'utilsateur mais payé au producteur. La différence: la construction des revenus progressives dans le temps par partage des revenus publicitaires récurrents générés par le contenu.

cordialement

didier

Etienne a dit…

Merci Didier de votre réponse, j'en profite pour vous remercier surtout de nous offrir (gratuitement !) vos réflexions sur l'avenir des media.

Les chaines publiques (et privées) sont un bon exemple de redistribution aux auteurs.
Deux remarques toutefois : la télévision publique n'est pas gratuite (redevance).
L'existence des chaines de télé se justifie par la nécessité de collectiviser les couts industriels de diffusion.

Les couts de diffusions sont aujourd'hui collectivisés via les FAI. Nous payons sans rechigner un minimum de 29,90 euros par mois pour y avoir accès.

Reste les couts de production des contenus.
On peut certe imaginer que la publicité en finance une partie. Mais ne révons pas, cette partie sera limitée en qualité (ils payeront pour produire selon le plus petit intéret commun de leur cible commerciale et tout un tas de thèmes délicats pour les publicitaires sera exclu.)

Imaginez un seul instant qu'un dispositif technique existe qui oblige de payer pour obtenir un certain contenu. Alors les producteurs pourront se lancer dans des productions d'une grande variété. C'est la conséquence du basculement d'une logique de flux à une logique de "bibliothèque" (push - pull)
Dans le flux (tv) l'équation qui permet ou non de produire un programme prend en compte le plus petit intéret commun entre les spectateurs présents au même moment devant leur écran. (c'est TRES reducteur).
Dans une logique de "bibliotheque" plus besoin d'être présent au meme moment. On peut le regarder à tout moment, le contenu est comme posé sur l'étagere d'une bibliotheque.
Il devient donc possible de produire des programmes plus variés.

Je pense que c'est le sens de l'histoire et que la technique suivra.
Les DRM reviendrons d'une manière ou d'une autre...

d.durand a dit…

Bonjour Etienne,

J'avais fait volontairement l'approximation de la redevance en pensant par ex à TF1 qui ne la voit pas.

Sur votre idée, l'idée de bibiothèque n'exclus pas le financement par la publicité. Soit je paie via DRM soit je vois de la pub durant le programme.

Dans les 2 cas, le producteur construit progressivement son revenu au fil des spectateurs.

En télé, c'est la chaîne qui paie upfront puis qui espère faire plus de pub que les droits qu'elle a payé.

avec MGM, Youtube partage ce risque: les 2 sont payés au fil de la construction des revenus

cordialement
didier