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vendredi, novembre 23, 2007

le GGG - Giant Global Graph - après l'III et le WWW! (selon Tim Berners-Lee)

Quand Sir Tim (Berners-Lee - "sir" car annobli par la reine d'Angleterre), le père du World Wide Web fait un billet dans son blog sur la mort (ou au moins la "commoditisation" de ce dernier, on doit lire .... et réfléchir!

Que dit-il ce billet? Eh bien, il établit selon moi une sorte de Pyramide des besoins de Maslow autour de l'évolution d'Internet:
  • la première étape, ce fut l'III ("International Information Infrastructure") dont la partie américaine était la fameuse NII longuement évangélisée à partir de 1991 par AL Gore aux USA. Il s'agissait créer l'organisme primaire (i.e. le réseau de télécommunications de base) et d'assurer sa sécurité de fonctionnement à long teme. C'est finalement les 2 premiers étages de cette pyramide de Maslow: une infrastructure (le corps chez Maslow) qui fonctionne bien - niveau 1 - et une sécurité autour des besoins de base pour assurer ce fonctionnement (le niveau 2 chez Maslow)
  • la seconde étape, ce fut le World Wide Web (WWW) qui a concrétisé le besoin de communication et d'expression au sein d'un groupe (le niveau 3 chez Maslow). Cette communication se matérialise par le World Wide Web avec ses liens inter-documents (en particulier avec la blogosphère) qui gravent cette communication et cette expression interpersonnelle dans le marbre
  • la troisième étape qui naît maintenant, selon T. B-Lee, est le "Giant Global Graph" (GGG) qui matérialise les niveaux supérieurs de cette pyramide maslowienne où ce sont les besoins d'estime, de reconnaissance et d'appartenance sociale qui sont satisfaits. Selon TBL, nous nous ruons tous actuellement sur ces réseaux sociaux pour nous prouver (et prouver aux autres) que nous existons par la forme de reconnaissance sociale que représentent ces liens inscrits au sein des réseaux sociaux.
C'est finalement "je linke donc je suis" (Excusez-moi Mr Descartes!...)

Le Web suit finalement assez bien à la théorie originelle de Maslow sur la psychologie humaine: dès qu'un besoin est assouvi, on passe au besoin de niveau supérieur.

La partie finale de l'article de TBL pose un autre problème de fond: à qui appartient la description de ce réseau de relations interpersonnelles (à 6 degrés de séparation maximum!) planétaire? Eh bien, en père du WWW, il ne pouvait prôner autre chose que "à personne et à tout le monde en même temps". Il veut une architecture ouverte tout simplement.

L'accès à ces informations très privée sera bien sûr limitée par les principes du "manifeste du Web Social Ouvert" où c'est le propriétaire de ses relations et non le réseau social (cf Facebook avec les SocialAds et Beacon) sur lequel il les a décrit qui définit et limite l'utilisation qui peut être faite de ces informations!

Pour aller vers ce système où le détenteur de ces relations en redevient le propriétaire légitime, TBL prédit (souhaite ?) que nous dirigeons vers une infrastructure ouverte, partagée et distribuée où ce réseau de relations n'est plus avidement capturée par un réseau ou l'autre (à cause des immenses enjeux publicitaires qui gravitent autour ...) mais disséminé en petits morceaux sur de multiples sites serveurs interconnecté par des protocoles standards - FOAF en est l'embryon - qui permettent la navigation d'une personne vers l'autre à travers le graphe réparti de leurs relations intermédiaires. Tout cela sans aucune duplication de l'effort de saisie / administration sur des sites de réseaux sociaux multiples! [Note: Opensocial de Google n'est pas à mon avis un véritable pas dans ce sens puisqu'il fait finalement tout pour garder les données emprisonnées sur leur réseau social intial - il permet à des tiers de les "utiliser sur place", pas de les sortir...]

Le DNS (Domain Name Service) a rendu l'Internet utilisable: c'est le "www.monsite.com" plutôt "234.23.57.137" (adresse IP) qui a sûrement fait que l'Internet est devenu ce qu'il est!

Eh bien, maintenant, il ne reste plus qu'à faire émerger le SNS = Social Network Service!

PS: non, je n'ai pas fumé avant d'écrire ce billet! ;-)

Source: blog Media & Tech (par didier durand)

mercredi, août 15, 2007

Commentaire du jour [22] - la vision de Tim Berners-Lee et le web sémantique (par Nicolas)

[Commentaire du jour sur Media & Tech: quoi et pourquoi - Les autres commentaires du jour]

L'objectif de mon billet "Web 3.0,...,N.0 : vie online, transparence et publicité" n'était pas d'aborder le Web sémantique et sa technologie (je l'ai déjà fait) ni la vision de Tim Berners-Lee. Je voulais seulement essayer de mieux comprendre les modèles économiques qui sous-tendent les évolutions technologiques actuels.

Dans sa suite, j'ai cité la traduction de l'article de N. Carr par Jean-Marie dans laquelle le web sémantique était abordé.

Cette citation a généré le très long commentaire de Nicolas sur le web sémantique et la vision de Sir Tim Berners-Lee.

Vu la longueur et la qualité de ce commentaire, je me devais de le republier. Le voici donc:

(PS @Nicolas: j'enmènerai le long article dont tu parles à la fin dans mes lectures de toutes prochaines vacances...)

"Parce que je pense que beaucoup de monde fait fausse route, je vous propose une vision différente de ce qu’est le web 2.0. Tout d’abord j’aimerais lancer un pavé dans la mare en proclament clairement que le web 2.0 n’existe pas, nous sommes actuellement toujours au web 1.0 et je vais m’expliquer. Il y a un fossé énorme entre ce « pourquoi le web a été initialement crée » et « comment le web a été utilisé ». Le web a été réellement créé suivant la vision d’un homme : Tim Berners Lee. Et on ne peut décemment pas parler de web sans parler de Tim. Lire « Weaving the web », le livre ou Tim relate la création du web a été une expérience importante pour moi, il montre comment la technologie peut servir une idéologie. Malheureusement son rêve d’un web « où nous aurions un choix illimité car nous n’aurions pas à suivre ce qu’un producteur de télé a décidé de nous montrer » n’a pas été au début partagé et compris. Il a fallu attendre 10 ans pour que la masse comprenne réellement la vrai nature du web : l’interactivité, le partage, l’échange, le dialogue, bref tout ce qui définit le web 2.0 et qui a en réalité toujours existé. Je ne dis pas que nous sommes stupides, je dis seulement qu’il faut parfois laisser le temps aux choses. Je vous propose une traduction d’un passage du livre : (J’ai fait ce que j’ai pu) « Mon espoir et ma foi est que nous sommes entrainés naturellement à interagir avec les autres tout en faisant partie d’un plus grand système. Si nous arrivions à produire un système qui nous permet de travailler harmonieusement, ce serait une vraie métamorphose. Je pense, et j’espère, que cela va arriver progressivement, et il en résulterait une importante restructuration de la société.

Une société qui pourrait avancer de façon interactive en suivant la voix des communautés, et cela serait un changement majeur. Si nous établissons une base viable et essayons de nouvelles façons d’interagir sur le web, nous pourrions trouver le moyen le définir de nouvelles structures financières, éthiques, culturelle et gouvernemental auxquelles nous pourrions choisir d’appartenir, plutôt que de choisir des structures physique qui nous entourent. Ces structures deviendront importante dans le monde actuel et de nouveaux systèmes démocratiques prendrons place à différent niveaux ».
Tim Berners Lee, Weaving the web L’idée de Tim a passé la 1ère bulle, attendu plus de 10 ans, et finalement le web 2.0 est apparu. Qui au passage ne devrait pas s’appeler le web 2.0 mais simplement « LE web ». Pas de doute, les idées que véhicule le web 2.0 sont sur la bonne voie, le web n’a jamais été autant démocratisé et les habitudes des surfers sont plus proches que jamais de la vision de Berners Lee. Pour moi et pour beaucoup, la prochaine grande étape sera l’émergence d’une nouvelle technologie. Et non ce ne sera pas les RIAs ou la 3D, ou n’importe quel interface utilisateur complexe et bizarre. Internet a encore besoin de plus d’accessibilité et d’interopérabilité avant de devenir plus complexe. Les pages web sont suffisamment riches, on ne doit pas augmenter le fossé séparant les gens en bonne santé des personnes handicapés (20% de la population). Alors quel est l’avenir du web ? Et si Tim avait la réponse (sacré Tim, toujours lui) … Le Web Sémantique pourrait nous faire entrer dans une nouvelle ère, une ère des données, une infinité de base de données connecté, un web compréhensible par la machine, un meilleur web pour un meilleur monde, le web de Tim. Le web sémantique est un domaine de recherche principalement encadré par le W3C, malheureusement je ne connais pas d’article en français faisant un bon résumé pas trop technique. C’est l’un des problèmes actuel du web sémantique, c’est un domaine encore très académique et pas vraiment « grand public ». Cependant si vous parlez anglais et que vous avez un peu de temps (25 pages). Je vous conseil de lire l’article suivant: Nova Spivack - The Meaning and Future of the Semantic Web"

Source: blog Media & Tech (par didier durand)